‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planchesChapitre 92 sur 94 · JOI · texte numérisé non relu

JOI

traîne le mineur ait quelquefois moins de deux pieds de haut. C’est Exploitât»» pour faciliter le roulage qu’on donne à ces galeries une hauteur plus

grande que la puissance de la couche, en entaillant son mur et son toit*

Les déblais provenant de ces entailles sont employés , partie à garnir les parois des galeries, d’un muraillement qui dispense de les boiser, si ce n’est à leur entrée, partie à remblayer l’espace excavé dans les tailles: quant à la galerie du fond ah , on lui donne y pieds de haut.

Lorsque toute la houille est enlevée, ainsi que nous venons de (e voir, sur un espace tel que le parallélogramme abcJ , on porte l’exploitation au-delà de bd, sur un espace semblable, en opérant de la meme manière, et ainsi de suite.

Outrage par Gradins,

Les mines de houille des environs de Valenciennes et de Mons pré- Valatinnt et sentent de fréquentes applications de la méthode que nous avons nommée euvrage par gradins.

Pour considérer ces exemples, reportons-nous d’abord à l’explication de la pl. 2 6 , qui nous a déjà fait voir l'ensemble d’une mine dans ces contrées.

La fig. j de cette planche représente deux ateliers disposés en gradins a«û», pi. ,c, couchés , sur l’espace indiqué par y X dans la jig. g.

En comparant ces deux figures, on reconnoîtra facilement les objets suivans: sur la fig. /, xy, portion de la couche sur laquelle est établi l’ouvrage qui nous occupe ;

g , g", puits foncés sur la couche ; (Voye^ les mêmes lettres fig. g.)

a , galerie d’alongement , suivant la direction de la couche;

b, galerie ou voie montante, suivant l'inclinaison;

c, galerie d’alongement supérieure ;

j, j, j, voies qui mènent aux tailles t, t, t, t;

kg, galerie pratiquée au-dessous de la couche, pour mettre en com* munication la galerie a avec le puits g';

r, r, r, espaces remblayés d’où la houille est déjà extraite par l’ouvrage qui s’est porté au-delà , de chaque côté des puits;

p,p, portes d’airage.

Sur chaque taille sont placés deux ouvriers, quelquefois trois. Ils

ExrL^ITATtON de la Houille, Pi. a j a 30,41 nr.

arrachent la houille de son gîte; de là, le combustible est roulé, par les voies partielles j, vers la voie commune b, puis eu a vers le puits g\ par lequel on l'extrait jusqu’au jour.

La même disposition peut avoir lieu à-ia-fois sur différentes couches planantes, et à différens niveaux sur la même couche ; mais , aux mines d’Anzin, vu leur profondeur et la nécessité de mettre d’accord l’arrachement du combustible, le roulage intérieur et l’extraction au jour, dont la quantité est réglée pour cliaque puits , ainsi que nous le verrons plus tard, on n’établit ordinairement que deux ateliers à la-fois pour un même puits d’extraction. Ces ateliers, dont chacun comprend quatre tailles, et quelquefois six, sont, ou sur la même couche et au même niveau, comme 011 le voit fg.j, ou sur deux couches différentes et à diflérens niveaux.

De cette manière , on est dispensé de l’entretien d’un grand nombre de voies de roulage, telles que b et j.fig . /. Quand les voies j, j ont atteint une longueur de 100 à 120 mètres, on pratique, à partir de la galerie d’alongcment a , une nouvelle voie montante b, d’où partent d’autres voies de roulage /,/. L’atelier étant ainsi porté plus loin du puits, on abandonne l'espace où l’arrachement est terminé.

Quant à l’airage, les flèches indiquent, par leur pointe, le sens dans lequel l'air circule. Ainsi , l’air entre par le puits g"; de là, contenu par les portes il se rend dans la galerie a, vers les tailles t,t, situées d’un même côté par rapport à la ligne xy ; il circule sur tout le front de l’ouvrage par gradins couchés, remplissant les voies j ,j; mais ne pouvant repasser immédiatement des galeries b à la galerie a, tant que les portes p sont fermées , c’est par la galerie c et par les tailles t, t, situées de l’autre côté par rapport à xy, que l'air revient en a; de là, il entre dans la galerie k, pour passer dans le puits g , où se trouve un foyer, et par lequel il sort, faisant ainsi place à l’air extérieur qui entre dans la mine par l’autre puits.

Il est un grand nombre de détails importans dans l’exploitation d’une mine de houille , qui sont communs à tous les établissemens de ce genre , quel que soit le mode d’ouvrage qu’on y ait adopté. On pourra s’en faire une idée générale dans le cours de la description qui va suivre. Elle aura pour objet un exemple tiré des mêmes mines que le précédent, relativement à l’ouvrage par gradins renversés.

II s’agit 1er Je l’exploitation d’un droit, c’est-à-dire , d’une portion de Exploitation couche qui se rapproche de la situation verticale .telle que la portion h 66 h, p|d‘ ^ Huulllc •

au-dessous du puits V g, fg. 4 de la pl. 26, ou toute autre portion des

droits ou couches plongeantes, qui se voient en grand nombre dans ce même ensemble.

Pour en venir aux détails, retournons à la pi. 29 , et considérons la Pl. %■ •• fg. 10 , exemple tiré des mines d’Anzin près Valenciennes.

Soit b b' un puits vertical (te! que g, pl. 26), ou plutôt la portion de ce puits qui a atteint le toit de la couche de houille xyz&. Imaginons, déplus, que xyz& tournant autour de xy comme charnière, tandis que bb' reste vertical , la ligne horizontale z& de notre Jig. 10 s’éloigne de b b , d’un petit nombre de degrés , de sorte qu’il en résulte, pour la couche de houille xyz&, l’inclinaison que présente un droit tel que h 66 h, dans la fig. 4, pl. 26.

Les choses étant ainsi, notre plan xyz& représente une coupe faite parallèlement au mur, dans la portion d’un droit, que nous considérons, et le puits vertical b b se trouve en avant de cette coupe, à laquelle il n’aboutit que par sa partie inférieure b .

D’après les exemples que nous avons déjà présentés, au sujet des différentes méthodes employées pour l’exploitation de la houille , tant à Sarrebrück que dans le pays de la Marck , à Liège , à Mons et même à Valenciennes, au sujet d’une couche presque horizontale (voye^ pl. 2 6 et 29), il sera facile de se figurer, sans nouvelle explication, comment on a poussé les tailles t de h Jig. 10, horizontalement dans la houille , à » droite et à gauche du puits b b', en commençant par celles de la galerie a, puis en s'élevant, de taille en taille, sur l’inclinaison de la couche, et comment on a boisé et remblayé les espaces r, en ménageant les vides ci après , savoir :

a, la galerie d’alongcment nommée chasse ou voie défendis Anzin;

bb' , puits d'extraction;

C, galeries horizontales dites voies de roulage ;

d, galerie horizontale, dite châssis d’airage; ,

e, galerie inclinée, entaillée dans le mur de la couche, et dite voie

Exploitation de la Houille, PI. ay à jo, 41 ter.

Déuib de la coupe.

mentante , qui communique avec la galerie a et avec chacune des voies C.

Si l’on considère les points auxquels sont établies des portes d’airage p, et la direction des flèches qui indiquent, par leur pointe, comme ci-dessus, la route que suit l’air intérieur, après s’être introduit dans la mine par le puits b b', on verra facilement qu’après être monté par la galerie a dans les tailles t, du côté gauche , l’air descend par la galerie d dans les tailles t. du côté droit, et qu’ensuite il revient dans la galerie a; là, trouvant des portes fermées p, l’air entre dans une galerie de traverse i, et il va remonter au jour par un autre puits, dans lequel est entretenu un foyer, quand ce moyen de dilatation est nécessaire.

Venons aux détails annoncés, concernant l’ensemble d’une grande exploitation de houille.

On appelle coupe , dans les mines d’Anzin , une quantité déterminée de houille qui doit sortir , pendant un poste de travail , par un puits correspondant à un certain nombre d’ateliers d’arrachement, dont l’ensemble est jugé capable de fournir cette quantité pendant le même temps. La même dénomination s’étend au nombre total d’ouvriers divers qui est employé pour obtenir la quantité déterminée de houille, et même à la durée de leur travail, qui varie de 9 à 12 heures. Il paroîi que le mot coupe dérive du terme anglois cape, qui signifie le salaire accordé à un ouvrier par mesure de houille obtenue : quoi qu’il en soit, nous n’emploierons cette expression que dans le premier des sens indiqués ci-dessus. Dans ce sens, à Auzin , la coupe est ordinairement de 7$ tonnes de houille, chacune de la capacité de 5 hectolitres et du poids d’environ 520 kilogrammes. Cette quantité doit être fournie dans un temps qui varie de 9 à 12 heures, suivant la profondeur du puits, par une société d’ouvriers composée assez ordinairement de 90 à 100 hommes, ainsi que nous allons le voir.

Supposons, pour plus de clarté, qu’il s’agisse d’établir l’arrachement de la houille sur une couche régulière de trois pieds de puissance, soit planante , soit plongeante. Dans ce cas, 8 tailles disposées comme on les voit,//. /de la pi. 26, ou fg.to de la pi. 29, suffisent pour fournir la coupe de 7 j tonnes.

En effet, si la couche ne contenoit absolument que de la houille pure.

sans aucune substance interposée, s'il ne se perdoit pas nécessairement une certaine quantité de houille menue , quatre tailles, chacune de 10 mètres de front, s’avançant chacune d’un mètre par le havage, en un poste de travail, et hautes chacune d’un mètre, puissance supposée de la cotlÉhe, produiroient, ainsi qu’on peut le voir par un calcul fort simple, 4 o mètres cubes de houille, dont le poids total seroit à-peu-près égal à celui d’une coupe de 75 tonnes; mais comme il n’en est pas ainsi, on affecte a la coupe plus de 4 tailles; et sur une couche d’un mètre de puissance, le nombre de ces ateliers, qui croit en raison de la pauvreté de la couche, varie le plus ordinairement de 6 à 8 pour une coupe.

Cette quantité de 75 tonnes exige communément l’emploi. des ouvriers énoncés ci après: (Voÿe^fig. 10 , pl. 49.)

i.° A chaque taille, 3 mineurs qui travaillent pendant le jour, au total

2.0 Entailieurs de roc dans les huit tailles, dits coupeurs de mur, qui travaillent pendant la nuit, pour élargir les voies qui vont aux tailles , à mesure que la houille en est arrachée .. . . 1 2.

Page 1