‹ De la Rigidité de Déséquilibre Normale et PathologiqueChapitre 19 sur 33 · ER; VE · texte numérisé non relu

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pas par elle-même la rigidité parkinsonienne; mais qu'elle se déplace, et aussitôt la rigidité la suit. Le déplacement se fait bien dans le même sens car dans l'expérience de la montre, la rigidité disparue se retrouve là-même où elle se serait reportée si tête et regard s'étaient déplacés dans la direction de la dite montre (?). »

En plus de ces changements d'attitudes et de ces modifications du regard ou de la pensée, il semble qu'il faut laisser une place à l'émotion. Cette dernière en effet, chez le normal, et encore plus chez le parkinsonien, donne aussitôt une attitude figée, qu'il est malheureusement difficile de mettre en évidence par un test objectif, car son action est fugitive au possible et ne laisse aucune trace.

Une autre manifestation de cette rigidité est la micrographie parkinsonienne, qui est due plutôt à une dystasie, à une perturbation de l'équilibre général, qu'à une désorganisation de l’automatisme graphique. M. le Professeur Froment en a d’ailleurs montré le caractère conditionnel, en faisant tracer à des parkinsoniens de gros caractères de 6 mm. sur des feuilles rayées doubles lignes. L'écriture obtenue était aussi aisée que lorsque le sujet s’en tenait à la micrographie.

L'analyse graphométrique et l'étude comparée des textes, faite récemment par M. Camille Simonin, de Strasbourg (1), ont montré leur parfaite identité. On

(12) J. Fromenr et P. DugouLoz. Rigidité parkinsonienne et rigidité de déséquilibre varient au bras, dès que l’attention prend une direction nouvelle. Loco citato.

(13) Camille Simon. Micrographie parkinsonienne et analyse graphométrique. Loco citato.

peut donc affirmer, en dépit des apparences, qu'il n'y a aucun trouble de l’automatisme graphique, mais simplement une gêne due à la rigidité du bras, conséquence inéluctable des-perturbations de la fonction de stabilisation.

3 — Points d’assimilation de la rigidité parkinsonienne avec la rigidité de déséquilibre du normal

Après ces deux premiers chapitres, on peut se demander si la rigidité parkinsonienne a pour équivalent physiologique la rigidité de déséquilibre que provoque incidemment chez le normal toute statique litigieuse (1). :

En effet, dans les deux cas, cette rigidité varie en fonction de l’attitude. Elle tend à s’effacer dès que cesse d'entrer en jeu la fonction de stabilisation. Elle s’accuse au contraire quand l'attitude implique un plus grand effort de stabilisation. De plus, chez le normal comme chez lé parkinsonien, cette rigidité entraîne la résistance des muscles dits antagonistes pendant les mouvements passifs. Et l’on peut mettre en évidence, ici et là, une roue dentée très nette, sans qu'aucune différence fondamentale ne les sépare l’une de l’autre. « Certes, la crémaillère que l’on a fait ici

(14) J. Fromenr et Me Vincznt-Lorson. La rigidité parkinsonienne a-t-elle pour équivalent physiologique la rigidité de déséquilibre que provoque, incidemment, chez le normal et le non parkinsonien toute statique litigieuse ? Loco citato.

apparaître artificiellement a généralement des crans d'arrêt un peu plus espacés que celle mise en évidence chez le parkinsonien. Elle est aussi beaucoup plus fugace. Mais ce ne sont là que nuances sur lesquelles on ne saurait s'appuyer pour nier la parenté des deux phénomènes. Car la roue dentée du parkinsonien varie elle-même beaucoup suivant l'attitude considérée.

« Il n'est pas jusqu'aux traits de ressemblance suivants que l’on ne puisse retenir : les crans d'arrêt disparaissent dans un cas comme dans l’autre lorsqu'il n'y a plus de problème statique ou encore lorsque le péril statique atteignant sa phase la plus critique la rigidité est à son maximum (f). »

Mais est-ce vraiment le même phénomène que nous observons dans les deux cas ? Il semble que l’on puisse en faire deux types : le type parkinsonien et le type normal. Dans les deux nous notons la variabilité, la fugacité, les rapports étroits avec les attitudes. Le type normal est cependant plus fugace, de crans plus irréguliers ; chez lui on obtient soit une manifestation grossière, soit rien du tout ; mais il ne semble pas y avoir de rigidité moyenne avec signes discrets. Tandis que dans le type parkinsonien nous voyons toutes les intensités. L'étude des quelques cas suivants de rigidité de déséquilibre pathologique va d’ailleurs nous montrer une gamme assez suivie entre le normal et le parkinsonien.

(15) J. FRoMENT et À. Cnaix. La roue dentée appartient-elle en propre à la rigidité parkinsonienne, ou est-elle le fait de toute rigidité de déséquilibre ? Loco citato.

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