OUR ERA
l'avant. Nous avons dans cette position une rigidité indiscutable ; mais nous sentons aussitôt une détente marquée, si nous disons au sujet de faire le poing avec la main libre, ou encore d'en retourner la paume face à l'arrière. « Si l'on poursuit ces expériences, on voit que tout changement d'’attitude segmentaire, qu’il porte sur le membre examiné ou sur l’un quelconque des autres segments du corps, déplace la rigidité. Nous voulons dire que tout se passe comme si le parkinsonien,. l'attitude générale changeant, n'avait plus le même intérêt à maintenir l'attitude locale considérée. Aussi la défend-il désormais plus mollement. Parfois même paraissant alors s’en désintéresser complètement, il la quitte sans autre résistance. C’est au maintien d’une autre attitude locale qu'il se met à « tenir mordicus ». Quelles peuvent être les raisons d’une si mobile inconstance (10) »
Il faut ramener le parkinsonien à un déséquilibré quelconque, chez qui le bras est automatiquement réquisitionné pour la statique ; il est bloqué dans une attitude nécessaire au maintien de l'équilibre. Si donc l’on détruit la logique de l’attitude générale, on détermine un contre-ordre qui libère l'attitude locale dont la réquisition n’a plus de sens.
Poussant à fond l'étude de cette rigidité, M. Froment a démontré qu'elle se déplace quand changent la direction des yeux et le point qu'ils fixent. « Etudions maintenant les répercussions sur la rigidité parkinsonienne des modifications de la direction du
(10) J. Fromenr et H. Triers. Voir plus haut.
RCE
regard. Vous pouvez constater que les maxima de la rigidité correspondent à une position basse du bras, lorsque le sujet regarde ses pieds. Et vous voyez par contre qu'ils répondent à une position haute du bras s'il dirige ses yeux vers le plafond: Le priez-vous de déplacer par étapes le regard du plancher au plafond, en fixant sur le trajet divers objets, le fest du poignet, qui vous permet de suivre les déplacements de la rigidité, vous la montre émigrant en quelque sorte, à la suite du regard. Avec un peu d'habitude on peut même prévoir où seront, à bien peu près, les maxima de rigidité pour une position donnée de la tête et du ‘regard. Les déplacements de la rigidité provoqués par les changements de direction du regard sont donc soumis à des règles précises (1). »
Ces variations de la rigidité sont les mêmes lorsque le sujet déplace les yeux seuls, sans remuer la tête, ce qui fait qu'on ne peut mettre en cause les otolithes des épreuves de Quix, pour les expliquer.
Enfin l'attention seule, en prenant une nouvelle direction, fait varier la rigidité parkinsonienne. C’est ainsi que le seul fait d’attirer l'attention du malade dans une direction opposée, en approchant une montre de son oreille, suffit à diminuer la rigidité, annulant ainsi l'effet de la déviation de la tête et des yeux. Il est même suffisant, pour qu'il en soit ainsi, d'inviter à se porter dans cette nouvelle direction la pensée du sujet observé. « Il va s’en dire que l'attention ne crée
(11) J. Fromenr, L. PauriQue et H. Tiers. La rigidité parkinsonienne se déplace quand changent la direction des yeux et le point qu'ils fixent. Loco citato.