‹ De la Rigidité de Déséquilibre Normale et PathologiqueChapitre 27 sur 33 · Essai de classification des réflexes · texte numérisé non relu

Essai de classification des réflexes

En effet, qu'est-ce qu'un réflexe? C'est Descartes qui en a parlé le premier. Ayant observé que lorsqu'on approche rapidement un objet de l'œil il en résulte un clignement des paupières, involontaire et impossible à réprimer. Pour Charles Richet, le mouvement réflexe est « la réponse immédiate par une contraction musculaire à une excitation périphérique sans que la volonté intervienne. » Et pour Sherrington les réflexes sont : « les réponses à des excitations déterminées qui se produisent nécessairement et suivant un déterminisme donné avec la participation du système nerveux. » Enfin Pavlov en fait « une réaction de l’organisme au monde extérieur qui obéit à des lois précises, et qui se manifeste par l'intermédiaire d’une région déterminée du système nerveux ».

Les réactions musculaires bien déterminées qui engendrent la rigidité de déséquilibre n'ont-elles pas ces caractères ? La possibilité de modifier, en y pensant, cette rigidité n'implique nullement qu'elle ne dépend pas d’un mécanisme réflexe. En effet Richet nous dit : « La volonté peut intervenir pour augmenter ou même supprimer l’acte réflexe, à condition que la stimulation réflexe ne soit pas trop intense. »

Mais si ces constantes variations musculaires se présentent à nous comme de véritables réflexes, ce

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n'en sont pas moins des phénomènes beaucoup plus complexes que ce que l’on désigne habituellement sous ce nom.

Voici d’ailleurs un essai de classification des actes réflexes que nous empruntons à une communication de M. Froment et la place qu'y occupent les réflexes statiques.

1. Réflexes lendineux, les plus simples, des plus élémentaires, localisés aux étages inférieurs du névraxe.

2. Réflexes dits de défense, plus complexes, d'étage plus élevé, mais ne dépendant encore, comme les précédents, que de la seule moelle épinière. C’est l’automatisme médullaire, encore très marqué chez l'animal, mais réduit, chez l’homme, à des actes rudimentaires.

3. Réflexes cutanés (cutané plantaire de Babinski), intéressant déjà moelle et cerveau.

4. Réflexes statiques, « arcs réflexes innombrables, d'une incroyable complexité, les uns mésencéphaliques, la plupart cérébraux, permettant l'adaptation instantanée aux divers modes statiques ; ils règlent le tonus de posture dont le régime varie incessamment ; à chaque nuance d’attitude correspond en effet un mode particulier du tonus postural ($). »

9. Réflexes conditionnels enfin, d’origine cérébrale, peut-être même corticale en partie. Tels sont les réflexes étudiés par Pavlov et par Betcherew.

Les premiers de ces réflexes : réflexes tendineux,

(3) J. FromEnT. Des actes réflexes. Communication à la Société lyonnaise de philosophie, 13 mars 1930.

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réflexes de défense et certains réflexes statiques élémentaires, sont innés. On observe les mêmes dans la série animale et Minkowski a pu les mettre en évidence chez le fœtus de 4 mois.

Les réflexes statiques supérieurs semblent acquis par l'enfant. Il y a cependant tout lieu de penser que ce dernier n'en fait pas l'acquisition, mais qu'il se borne à les mettre au point, car ils sont fixes et les mêmes d’un homme à l’autre. C’est ce fait de n'être ni individuels, ni vraiment acquis, qui les distingue des réflexes conditionnels de Pavlov ; ceux-ci en effet sont le propre de l'acquéreur et ne peuvent être transmis. par hérédité.

L'homme, jusqu'à sa vieillesse, peut développer ce second groupe de réflexes et le modifier selon ses besoins.

« La réflectivité statique, pourrait-on encore dire, vue dans son ensemble, fait songer au grand arbre, à l'arbre des arbres, dont la splendide évocation termine le poème du Serpent. Par ses racines les plus profondes, cette réflectivité plonge dans une lointaine ancestralité, elle rejoint la souche animale. De son tronc puissant s’élance une forêt de branches inextricables. Et vers la cime, que couvre une végétation touffue, toujours quelque rameau nouveau vers le ciel plus haut s’élance (f). »

Maintenant que nous avons assimilé ces contractions musculaires constantes à des réflexes supérieurs, il

nous reste à déterminer quelle est leur signification. Charles Foix a voulu les expliquer par une exagé-

(4) T. Fromenr. L'Homme debout. Loco citato.

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