AVORTEMENT
A une période plus avancée de la grossesse extra-utérine, quand l'augmentation du sac fœtai et partant celle de l’abdomen, l'absence des règles, ne laissent plus à la malade de doutes sur son état, la rupture et les accidents peuvent encore donner lieu à un autre genre d’investigations judiciaires. | Hi |
En effet, à côté de ces cas où l’on a pu croire à l’empoisonnement de la victime, il s'en trouve d’autres où prédo-
minent les métrorrhagies et qui font penser que l’on se trouve en présence d’un avortement provoqué.
Nous avons parlé plus haut des hémorrhagies qui se montrent au moment de la rupture. Ces hémorrhagies sont plus ou moins abondantes suivant les cas, nulles ou accompagnées de gros caillots. Si au milieu de ces caïllots on retrouve une membrane, la caduque utérine détachée en bloc, à un examen superficiel on pourra la prendre pour un œuf expulsé de la matrice et cela avec d'autant plus de raison que les autres symptômes: dcu'eurs co 1sidérables dans le ventre, continues ou paroxystiques et réveillées par
an
l'examen et le mouvement, ventre gonflé et douloureux au niveau des fosses iliaques, coliques et sensations pénibles
dans la région lombaire, ressemblent Rs e à ceux de l'avortement.
Les signes observés du côté de l'utérus augmentent
encore la présomption d’avortement. Le col peut être dévié, rejeté en haut et latéralement mais il est surtout mou, entr'ouvert et admet l'extrémité du doigt indicateur.
Il se montre des vomissements alimentaires puis bilieux,
l'intolérance de l'estomac est absolue, la malade a du hoquet, à
les fonctions intestinales sont troublées, l'expression du visage se modifie et répond au facies péritonéal. En même temps, le pouls devient fréquent, la température s élève et les femmes meurent en quelques jours.
On croit, en général, dit Parry, qu’elles ont succombé à
des phénomènes de péritonite généralisée et cependant l'autopsie a démontré dans le plus grand nombre des cas qu’il n'existait aucune trace d’inflammation. C’est tout simplement du péritonisme par irritation réflexe dé la séreuse.
Tout cet ensemble de symptômes ressemble de bien près au tableau clinique de l’avortement ct surtout de l’avortement criminel car c’est dans ce cas où des manœuvres maladroites ont été faites par des mains peu soigneuscs, que l’on trouve les signes de péritonite.
Ici, il n’en est plus de même que pour les soupçons d’empoisonnement. En général, la femme attéinte sait qu’elle est enceinte et présente depuis quelque temps déjà des signes de grossesse qu'elle croit normale. Souvent aussi ces signes ne sont pas passés inaperçus de son entourage,
— Ai —
malgré les précautions qu’elle à pu quelquefois prendre pour les dissimuler.