OBSERVATION VIII
M. Brouardel in thèse de Chayé. Paris 1882.
Le 28 mars 1882, M. Brouardel fit à la Morgue l’autopsie
d'une jeune fille de 22 ans, décédée subitement et chez
laquelle on croyait à un avortement.
Les seins peu volumineux contenaient du colostrum que l’on faisait sourdre à la pression. La peau de l’abdomen est couverte de vergetures blanches, traces d’une ancienne grossesse. | |
Dans la cavité péritonéale on trouva un énorme caillot sanguin etenviron trois litres de sang liquide. Au centre du caillot se trouvait un fœtus de 3 centimètres de long. La trompe gauche présentait une déchirure à bords irréguliers communiquant avec une poche sur les parois de laquelle était inséré un chorion couvert de villosités. Le péritoine recouvrant l’épanchement était coloré par le sang, mais sans
LE
traces de fausses membranes anciennes ou récentes, Utérus petit : au niveau du col quelques mucosités sanguinolentes : nt . muqueuse intra-utérine couverte de sang. On ne releva | aucune trace de violence. Corps jaune dans l'ovaire droit, Le tissu cellulaire situé entre le vagin et le rectum était le siège d’une suffusion sanglante considérable. Conclusior. — La mort est naturelle et due à la rupture d’une grossesse extra-utérine. <
Puis si l’on tient compte de la situation sociale de cette
2 malheufeuse, situation irrégulière ou bien telle que cette
grossesse lui devienne l’origine de dommages et d’ennuis,
On peut supposer, surtout après l'avoir vu dissimuler son
état avec tant de soins, qu'à un moment donné elle aura
voulu faire disparaître la cause de ses tourments. Si elle
meurt au milieu du cortège des symptômes que nous avons
indiqués, l’idée d’un avortement viendra naturellement à
é l'esprit de tous, aussi bien du médecin que de ceux qui
auront pu surprendre son secret.
C’est alors que l’autopsie judiciaire, tout en confirmant les soupçons de grossesse, vient anéantir la prévention d’avortement et montrer quelle est la véritable cause de la
mort.
C’est le cas de l'observation suivante due à Mashka qui avait déjà auparavant attiré l’attention des médecins légistes sur ces morts dues aux accidents de rupture de la
grossesse extra-utérine,