OBSERVATION XV
Louis ® Penard. — Annales d'hygiène publique et de médecine léyale, 1872, t. XXXVIIL.
Le sieur M. maitraitait habituellement sa femme. Le
PÉTSRE
So Done
17 mars 1864, celle-ci succombe en accusant son mari de lui avoir donné la mort par ses violences. :
Le même jour deux médecins se rendent à Cabrol, près LU canton de Requista (Aveyron), pour constater si la mort de la femme M., âgée de 42 ans, n’était pas le Téà sultat de coups ou de mauvais traitements.
Les experts ne trouvent pas la moindre trace de coups ou blessures sur aucune partie du corps. La face présente une | teinte ictérique très prononcée, le ventre est ballonné, rem pli de gaz et de sérosité, la jabe gauche est un peu enflée. Tous ces signes, disent- ils dans leur rapport, nous demontrent clairement que la mort est survenue à la suite d’une | inflammation des organes enfermés dans l'abdomen. Nous. n’avons pas même cru devoir faire l'ouverture du DATE tant sont évidents et certains les signes extérieurs. = Nous n’avons pas dû nous arrêter à l’idée d’un empoison:
nement car cette femme est restée malade pendant une
vingtaine de jours et les poisons agissent promptement en Æ occasionnant des symptômes bien différents de ceux qu’elle a présentés. |
11 résulte de notre rapport que la mort de cette femme est due à une maladie naturelle.
J'ai cru important de rapporter textuellement les termes du rapport, mais je m’abstiendrai de porter le moindre ju-
gement à ce sujet.
Le juge de paix du canton de Valence, arrondissement d'Albi, ne se trouve pas suffisamment édifié par le présent rapport et le 26 mars il appelle devant lui un docteur en médecine qui a donné des soins à la femme M.
Je cite textuellement Sa déposition :
Le 22 février, dit-il, je fus appelé par M. pour visiter sa
femme. Je la trouvai couchée dans son lit. Le ventre était tendu et douloureux ; le pouls était régulier, fréquent etun
peu faible, la figure exprimait l'anxiété, La malade n’avait
.pas eu de garde-robes, j’ordonnai un purgatif. Quelques jours après je revis la femme M., elle était levée, avait
évacué par l’action du purgatif et elle me dit que le ventre
lui faisait moins mal.
Le 28 février je fus de nouveau ais par le mari. Le ventre était plus tendu et plus douloureux, pas d’évacuations alvines depuis le purgatif; j ‘en prescrivis un second.
Je la revis les 1%, 4 et 6 mars, les douleurs continuaient et pour la première fois la malade se plaignit de ne pouvoir uriner. Je l’examinai avec plus de soin et je découvris à
l'extrémité du vagin une tumeur s’étendant depuis le pubis |
jusqu’au sacrum et qui me parut fluctuante. Il me fut impossible d'introduire une sonde dans la vessie. Je me serais décidé à faire tout de suite une ponction dans la tumeur si
j'avais eu un trocart. Je dus renvoyer l'opération à un autre
jour. Je revis la malade le 10 mars et je fis la ponction dans le vagin. Il ne s’écoula par la canule du trocart que quelques cuillerées de sang noir et épais, cependant la malade fut immédiatement soulagée et elle put uriner sans être sondée.
Je la revis le 16 mars et je la trouvai dans un état désespéré. Je pense que la femme M. est morte d’une tumeur qui
s’était formée dans le bassin ; je n’ai remarqué sur son corps,
ni rougeur ni ecchymose ni contusions. Sur le bruit d’un crime, Pexhumation de la femme M. fut ordonnée et trois docteurs en médecine procèdent à l’autopsie-à la date du
28 mai. La necropsie donna 188 résultats principaux suivants : |