OBSERVATION XVII
Gaillard Thomas. American Journal of medical Sciences. Janvier 1879 (résumée).
Je trouvai chez cette malade tous les symptômes d’une grossesse normale mais cependant cette opinion fut arré-
tée par deux symptômes : de fréquentes et irrégulières ménorrhagies et de violentes douleurs dans les reins et le bas-ventre et aussi une certaine difficulté de la défécation. En examinant la malade avéc l'esprit débarrassé de toute
idée préconçue, je diagnostiquai une grossesse abdominale,
me basant sur ce que :
1° Il existait tous les signes d’une grossesse normale (seins, état gastrique, absence de menstrues) ;
2° L'utérus, quoique augmenté, était plus petit que celui d’une gestation utérine du même age ; er . 3° L’utérus était soulevé et poussé en avant par une
tumeur molle et élastique ne présentant aucun des carac-
tères d’un kyste de l'ovaire ou d’une hématocèle.
Encouragé par tous ces signes, je pensai à pratiquer le sondage de l’utérus dont la vacuité ne me paraissait pas douteuse, Au dernier moment, un doute survint encore, et je conseillai simplement au docteur Olcott d'introduire üne tente d’éponge dans le col. Par ce. moyen ce médecin arriva à la conclusion que j'avais posée et je fus COPIER ment assuré du diagnostic.
Comme cette tumeur était fixée et localisée dans le cul-
de-sac de Douglas, Comme il ne s'était plus reproduit aucune
de ces douleurs spéciales, déchirantes et irrégulières qui s'étaient produites quatre mois auparavant et qu’on regarde ordinairement comme le signe et le résultat de la rupture
de la grossesse tubaire, on décida de soumettre la femme à
une observation attentive et de temporiser. Peu de temps après, cette malade rendit des os de fœtus par le rectum, le sac fœtal lui-même fut expulsé et elle guérit complètement,
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A propos de ce même diagnostic et des recherches qu il exige, Freund 5 exprime ainsi : F
Le diagnostic de la grossesse extra-utérine a pris un grand développement et fait un grand progrès par l’exploration bi-manuelle. On peut ainsi palper l'utérus et les organes voisins, ovaires et extrémité utérine de la trompe et l’on peut ainsi constater si leur volume est augmenté.
Par le même moyen, on pourra constater la présence d’un sac de grossesse extra-utérine et déterminer son développement par un examen répèté. Le siège de la grossesse est assez facile à déterminer au commencement, plus difficile à la fin, de même qu'il est difficile ‘de reconnaître la tumeur au début et plus facile dans la suite. Dans le premier cas, nous sommes aidés par les signes subjectifs ët : objectifs de la grossesse et principalement par le rapide accroissement de la tumeur, accroissement qui atteint l’utérus mais beaucoup moins.
Dans le second cas, C’est l'exploration soigneuse et souvent répétée sous le chloroforme qui nous guidera.
- Dans la majorité des cas nous pouvons ainsi examiner l'utérus et ses annexes, sans recourir à la sonde qui, Comme on l’a fort bien montré, n’est pas sans danger. (Edinburgh medical Journal, 1883.)
Mais on sait que cette grossesse extra-utérine doit fatalement se rompre à un moment donné et que cette rupture peut être spontanée ou provoquée par un acte quelconque, et c'est ainsi qu’il est des cas où cette rupture est survenue du fait du médecin à l’occasion des manœuvres que nous venons de citer.
Nous poserons simplement la question de responsabilité |
du médecin en pareil cas, sans la résoudre, car elle a
une portée beaucoup trop haute et dépasse notre compétence. dE Se Te on
- Ainsi que l’indiquent les deux observations suivantes,
c’est parfois à propos du palper abdominal que se montrent tes accidents de rupture. "en
| OBSERVATION XVIIL.
Zmidgrodski. — Annales d'hygiène publiq ueet de médecine légale 1891, t, XX VI, £ Ë 4:
Femme de 31 ans, tertipare, n'a pas vu ses règles
depuis deux mois. Subitement elle est prise de vives douleurs dans le bas-ventre, de courtes syncopes et d’hémor: rhagies utérines qui disparaissent en peu de temps. On diagnostiqua une grossesse normale. | La malade souffrant de plus en plus il y eut une consultation de médecins renommés qui soupconnant une grossesse extra-utérine résolurent d’endormir la malade pour. constater la vacuité de l'utérus par l’exploration digitale et de râcler la surface interne de l'utérus pour se procurer un morceau de caduque : tout étant prêt pour la laparoto-
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mie au cas 6ù elle deviendrait nécessaire. La narcose par le. chloroforme. fut. difficile et s'accompagna de vomissements réitérése . :; : NERO
Avant de procéder à une manipulation en ee dit le chirurgien, j j'examinai encore une fois la malade. La tu- meur était diminuée, de plus de moitié, ce qui indiquait qu’elle s’était rompue. Quoique ce phénomène confirmât notre diagnostic avec certaine probabilité, on procéda néanmoins au râclage de la matrice.
Au bout d’un quart d'heure on constata un changement, brusque du pouls radial qui devint presque imperceptible. ‘On dut cesser le. chloroforme, renoncer à l’opération et remettre la malade au lit.
Le diagnostic étant positivement établi - par l'examen microscopique de la caduque retirée par la curette il paraissait nécessaire de procéder immédiatement à une lapa-. rotomie afin de trouver l'origine de l’hémorrhagie interne: on ne la fit par parce que la syncope était trop prononcée, La malade mourut le lendemain matin.
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