‹ De La Rupture De La Grossesse Extra-UtérineChapitre 4 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans l'étude de la grossesse extra-utérine, 1l est un point particulièrement remarquable : c’est l’histoire de la rupture de cette grossesse.

Les accidents qui accompagnent cette rupture se présen- tent quelquefois avec une soudaineté et une rapidité qui ont bien souvent donné lieu à des erreurs de diagnostic de la part des médecins même les plus compétents.

C’est justement par suite de ces erreurs que la justice a cru devoir intervenir plusieurs fois à l’occasion de morts survenues au milieu des symptômes les plus imprévus et devenus rapidement fatals. À La s'ène présentée par les accidents qui accompagnent la rupture ne manque pas de frapper le vulgaire surtout par la manière brusque dont elle se présente. Il en est souvent de même pour le médecin qui, parfois n’ayant jamais vu fa malade auparavant, est amené par le tableau clinique qui se déroule sous ses yeux, à penser à toute autre chose qu’à la vraie cause pathologique. | En effet, le plus ordinairement, l'ensemble des symptômes

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de rupture rappelle exatement la description d’un empoisonnement aigu, surtout quand la mort survient en quelques heures. D’autres fois, il se joint des signes particuliers du côté des organes génitaux et du bassin et alors le diagnostic d'avortement provoqué paraît certain surtout si la situation sociale de la femme donne lieu à des présomptions morales.

Enfin, la femme morte dans ces circonstances, peut avoir été l'objet de sévices antérieurs et la justice intervenant pour établir le rapport entre les violences et le décès, on trouve à l’autopsie une rupture de grossesse extra-utérine comme cause de la mort. C'est ainsi que le médecin légiste appelé à pratiquer des autopsies judiciaires sous la prévention soit d'empoisonnement, soit d’avortemeut ou de mort par violences, trouve une rupture de grossesse extra-utérine comme cause de la mort.

Comme notre thèse est écrite au point de vue médicolégal, nous avons cru devoir diviser notre sujet suivant la nature des chefs d'accusation qui ont amené l'expert à reconnaitre une rupture de gestation anormale comme origine de la mort dans les autopsies qu’il a pratiquées par autorité de justice. :

Dans un premier chapitre nous étudierons les ruptures ayant donné lieu à des préventions d’empoisonnements. Le second chapitre aura trait aux ruptures dont l’ensemble des symptômes aura fait conclure à un avortement provoqué.

En troisième lieu nous parlerons des cas où la femme ayant subi des violences succombe rapidement et où l’ouverture du cadavre révèle une rupture de grossesse anormale.

Nous rechercherons également quelle part revient aux vio-

lences dans la pathogénie de la rupture.

OS een La dernière partie sera consacrée a effleurer un point de déontologie médicale soulevé par les difficultés du diagnostic et les facilités de rupture, facilités telles que l’accident survient quelquefois sous la main du médecin. - La grossesse extra-utérine étant très rare, surtout” en France, il ne nous a pas été donné de publier d'observations inédites où sa rupture ait donné lieu à une intervention médico-légale. Du réste, M. le professeur Brouardel dans sa pratique à la Morgue n’en a rencontré que deux cas déjà publiés et nous savons de source autorisée. que M. Lacassagne n’a pas encore eu l’occasion d'en voir dans les nombreuses autopsies qu'il a déjà pratiquées.

L'intervention de la justice deviendra de moins en moins fréquente à mesure que l’on connaîtra mieux cette question de pathologie obstétricale, car le diagnostic se fera plus souvent avant l'examen post-mortem,

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