‹ De La Rupture De La Grossesse Extra-UtérineChapitre 7 sur 33 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Gray. — The Lancet, septembre 1879.)

Apparition soudaine des symptômes après un repas. se Caractère rapidement fatal, — Vomissements incessants, — Diarrhée incoercible (symptôme si rare dans ces Cas).

Tout cet ensemble apparaissant chez une jeune femme en parfaite santé était si suspect, que le Coroner ordonna une enquête et l’autopsie.

S. H., âgée de 26 ans, a déjà eu quatre enfants, le dernier il y a 21 mois, et celui-ci a été allaité depuis lors. Son mari croit que, depuis plusieurs mois, ses règles étaient irrégulières. Les 4, 5 et 6 janvier, elle eut des hémorrhagies utérines qu’elle a prises pour ses règles. Dans l’aprèsmidi du 6 janvier, elle ressentit une vive douleur à l’estomac ; mais comme elle était en bonne santé, elle n’en parla presque pas. Le 7 janvier, à huit heures du soir, elle prit un peu de bouillon et à neuf heures elle ressentit une nouvelle douleur à l’estomac : cette douleur fut rapidement sui-

CV a) DUREE PAT TIR

FR Ou

vie de vomissements et de diarrhée qui augmentèrent d’intensité. À onze heures du soir, elle était morte dans le collapsus. On m'avait envoyé chercher, mais elle était déjà morte quand j'arrivai. La cause de la mort ne me paraissant pas établie, je refusai le certificat de décès, et quelques jours après, le Coroner se décida à faire une enquête. |

L’autopsie fut faite le 12 janvier : pendant ce temps, la température était restée sèche et glaciale.

Le corps était en bon état, ne portant aucune trace de violence pas plus que les muqueuses.

En ouvrant l’abdomen, un énorme caillot de sang apparut recouvrant le péritoine. Pas d’inflammation.

Les intestins étaient enroulés près de la colonne vertébrale et ne renfermaient que quelques gros vers ronds.

La partie inférieure de l'abdomen et le bassin contenaient deux quarts de sang (1). On trouva l’utérus fortement augmenté de volume ; les ovaires étaient normaux de grandeur et de position. À droite, on trouva une masse apparente de la grosseur d’une noix et située dans le ligament large. Le contenu du bassin fut enlevé et examiné. La tumeur était en relation avec la trompe de Fallope à environ 1 pouce 1/4 de son extrémité frangée. Une soie introduite dans la trompe pénétra facilement, mais fut arrêtée par la tumeur. Cette masse était formée par un caillot de sang sur lequel la paroi de la trompe était tellement tendue, qu’en certains endroits, il était difficile de reconnaître sa structure.

(1) The quart = 1 litre 135.

Malheureusement, avant l'examen, les pièces avaient été conservées dans l'alcool, de sorte qu’en examinant la tumeur, on ne put distinguer le fœtus au milieu du caillot,

bien qu'en certains endroits on put reconnaître des villo-

sités. Les veines des parties voisines et du ligament large

étaient très développées. Au milieu de la paroi postérieure de la tumeur, on trouva une ouverture du diamètre d’un pois à bords déchiquetés et par lequel le sang s'était répandu dans la cavité abdominale.

En ouvrant l'utérus, on trouva la muqueuse épaissie et une petite quantité de mucus mélangé de sang.

L’'orifice des trompes était visible et une soie passa facilement dans la trompe gauche, mais fut arrêtée par la petite masse dans la trompe droite.

Dans l’ovaire droit, on trouva un corps jaune très marqué. Les vaisseaux de l'abdomen étaient normaux. Les autres organes étaient sains, le cerveau ne fut pas exa- - miné, RES ;

Ces phénomènes de rupture s’accompagnent parfois de phénomènes tellement particuliers, que l’on a même cru

pouvoir affirmer en certaines circonstances la nature du

prétendu agent d'intoxication.

Ainsi Zmidgroski rapporte un cas de Wassilief où la malade avait présenté, en plus des accidents dus à la rupture, un ptyalisme tellement accusé que l’on avait diagnostiqué un empoisonnement par le sublimé corrosif. De même Parry (1) cite un fait de Koner où l’exhumation du cadavre

(1) Parry. — Extra ulérine Pregnancy. London, 1876,

fut ordonnée pour rechercher l’arsenic qui, croyait-on, avait, oCcasionné la mort.

L'absence de diarrhte qui se rencontre assez fréquemment dans les cas de rupture est loin d’être un signe per-

- mettant de rejeter l’idée d’empoisonnement, puisque la constipation est un des signes de l’intoxication par les sels

=, EE E de plomb à haute dose, intoxication où l’on rencontre encore PC : beaucoup d’autres symptômes également communs à la rup-

ture de la grossesse extra-utérine.

Enfin l'observation suivante, due à Grinswold, nous

montre que le tableau clinique peut être tel que l’on croit

: d'abord à une attaque de choléra, puis à un empoisonne-

ment, et que l’autopsie seule peut démontrer l’erreur.

OBSERVATION If.

: Grinswold American Journal of Obstetric, 1888,

M. Grinswold fut appelé auprès d'une femmé qu'on croyait atteinte de choléra. Cetie femme ne croyait pas être enceinte, bien qu’elle fût restée un certain temps sans avoir ses règles. Elle souffrait atrocement dans le ventre et avait

une diarrhée et des vomissements abondants. Elle tomba

dans le collapsus et mourut avec tous les signes d'une hémorrhagie interne.

M. Grinswold relata le cas comme un cas Théma gie interne dû à la rupture d’un anévrysme. Mais certaines

circonstances firent admettre un empoisonnement et l'af- -

faire devint judiciaire.

A l’autopsie, on one abdos rempli de sang, etun examen plus attentif révéla la présence d’un fœtus indiquant que la femme était enceinte de huit semaines. L’utérus contenait une caduque bien marquée. Le fœtus fut trouvé en dehors de la trompe ; mais en examinant celle-ci, on trouva un kyste qui s’était rompu et d’où l’hémorrhagie était partie. On ne put voir aucun vaisseau sanguin rompu. .

En dehors de ces empoisonnements par principes chimiques bien définis, il existe une toute autre classe d’empoisonnements par des aliments avariés ou en état de fermentation avancée donnant lieu à des principes ou à des ptomaines toxiques, et les présomptions d’empoisonnement s’élèveront naturellement quand la mort surviendra à la suite d’un repas: où la malade aura absorbé de ces aliments “reconnus malsains quand ils sont d’une fraîcheur douteuse. |

C'est ainsi qu'Hofmann (1) rapporte qu’une femme mourut peu de temps après avoir mangé du saucisson et après

(1) Hofmann. — Nouveaux éléments de médecine légale. Pradéelioa Lévy. Paris, 1881.

avoir présenté simplement des vertiges et des vomisse-

ments. L’autopsie judiciaire montra qu’on avait eu affaire

à une grossesse tubaire rompue et à une hématocèle, au

lieu d’un empoisonnement.

De même, dans l'observation reproduite ci-dessous, on avait Cru à une intoxication par de la morue avariée, et ILE A particulièrement, tout concordait à fa‘re admettre cette hy-

pothèse.

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