‹ De la rupture du cœurChapitre 17 sur 34 · MÉCANISME DE LA MORT · texte numérisé non relu

MÉCANISME DE LA MORT

Pour expliquer la mort , c’est-à-dire la syncope terminale, on a invoqué un certain nombre de causes qui toutes rendent compte de quelques détails, mais qui sont passibles de grosses objections quand on veut' les adopter d’une façon exclusive.

C’est ainsi que certains auteurs ont attribué la mort à Y hémopéricarde, théorie contre laquelle nous ferons valoir les considérations suivantes.

Dans la rupture traumatique, comme l’a dé-

\. Albert Rodi>\ Clinique et thérapeutique médicales. Loc.cit.

montré Barth, la mort est beaucoup moins rapide; — dans la rupture des vaisseaux coronaires, la survie peut être plus longue à égalité de liquide épanché; — enfin, dans nombre de faits, la mort est arrivée subitement avec un épanchement très minime ou même sans épanchement (cas de certaines ruptures incomplètes).

L’hémopéricarde ne peut donc jouer un rôle efficace que si le cœur a conservé assez de force pour se comprimer lui-même à chaque systole en chassant une certaine quantité de sang dans sa séreuse inextensible. Le point limite serait alors atteint, au dire des auteurs, lorsque la pression intrapéricardiaque et la pression intracardiaque viendraient à se contre-balancer. Tout cela est possible, mais par trop théorique pour que nous y insistions, surtout maintenant que nous avons établi que la cardiorrhexie spontanée était « une rupture de faiblesse ».

Le second facteur dont on a admis l’influence prépondérante, sinon exclusive, c’est Y anémie cérébrale. Mais, si la quantité de sang épanché dans le péricarde n’est pas toujours suffisante pour paralyser le cœur par compression, on peut affirmer qu’elle est toujours insuffisante pour anémier directement les centres encéphaliques.

Nous voici donc fatalement ramenés à la physiologie pathologique de la syncope en général. Or, tout

ce que nous savons à ce sujet, c’est qu’il s’agit d un syndrome où les deux éléments cérébral et cardiaque sont intimement unis et presque inséparables (syndrome cérébro-cardiaque de M. le professeur Str.vcs) \

Le problème ne diffère donc pas de celui qui se pose pour l’angine de poitrine et il en partage l’obscurité.

Page 1