INTRODUCTION
Bien qu’il ait déjà paru sur la rupture du cœur un nombre assez considérable de travaux, il ne se dégage pas de leur ensemble une formule précise, une notion assez indiscutable pour être admise comme classique.
La cause en réside principalement, croyonsnous, dans l’absence d’examens histologiques complets; nous avons donc dirigé nos recherches surtout de ce côté, toutes les fois que l’occasion s’en est présentée.
Nos observations se sont ainsi accumulées peu à peu, et aujourd’hui leur quantité nous autorise à aborder à notre tour l’étude de la cardiorrhexie, à l’aide de documents originaux.
De prime abord, le sujet peut paraître de trop mince importance pour légitimer une monographie spéciale. La rupture du cœur passe, en effet, pour un accident d’une extrême rareté. Cependant, nous croyons pouvoir assurer que cette rareté est plus apparente que réelle, puisque l’un de nous, M. Albert Robin, a pu en observer huit cas en quatre années, alors qu’il était médecin de l’Hospice des Ménages.
Mais d’abord, il est nécessaire de s’entendre sur le groupe de faits que nous aurons à envisager. 11 va sans dire qu’il ne saurait être question dans ce travail que de la rupture spontanée du cœur. Toutefois, nous en distrairons systématiquement les cas d’effraction des cloisons intracardiaques et de rupture isolée des piliers et des valvules1. Par contre, et sous forme d 'addendum, nous dirons quelques mots de la rupture des vaisseaux coronaires qui se rapproche par certains points de la cardiorhexie proprement dite.
Avant d’aborder l’historique de la question, nous
t. Voir à ce sujet le travail de M. Barié (Revue de mède- <ine, 1 88‘J).
tenons à remercier ici MM. les docteurs A. Gombault, Féré, Brault, et Pilliet, qui en nous communiquant un certain nombre d’observations inédites nous ont permis d’apporter un plus grand contingent de preuves à l’appui des idées que nous aurons à émettre dans cette étude.