‹ De la sacro-coxalgieChapitre 18 sur 20 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I.

Sacro-coxalgie gauche suppurée. (Observation empruntée à la thèse de Giraud de Nolhac, Paris, 1840.) Résumé.

Henriette Legras, âgée de 35 ans, d’un tempérament lymphatique, née à Abbeville et habitant Paris depuis deux ans, entrée dans le service de M. Velpeau dans les premiers jours d’avril 1840.

Réglée à dix-neuf ans, elle éprouva alors des migraines qui disparurent quand la menstruation fut établie. Elle est mariée depuis sept ans et elle a eu deux couches très-heureuses; la dernière date de cinq ans. Elle a, du reste, toujours joui d’une bonne santé.

Il y a dix mois, cette femme qui exerce la profession de blanchisseuse montait un escalier chargée d’un lourd fardeau de linge, lorsqu’elle ressentit au bas des lombes un craquement tellement violent qu’elle laissa tomber son linge. La douleur était si vive qu’elle eut de la peine à atteindre le haut de l’escalier. Elle ne fit pourtant aucun traitement.

Depuis cette époque, il resta dans les lombes une douleur dont l’intensité alla en décroissant et qui finit par disparaître après deux mois. Mais alors, apparut une autre douleur qui de la fesse s’étendait jusqu’au genou gauche dont les mouvements furent très-gênés ; il y avait claudication. Ce fut en vain que des sangsues furent appliquées; la marche était impossible et la malade entra dans un service de médecine. Des ventouses furent appliquées sur le trajet du nerf sciatique; des bains de vapeurs et des bains simples furent prescrits ; des vésicatoires volants furent placés ; le mal résista à ces moyens.

Enfin, il y a six semaines, toutes les douleurs cessèrent et un abcès par congestion se manifesta à la partie externe et inférieure de la fesse gauche. Cet abcès fut ouvert.

Depuis huit jours, la malade a quitté le service où elle était placée pour entrer dans celui de M. Velpeau. Un second abcès s’est manifesté au bas et à gauche du dos, et, comme il avait pris un caractère inflammatoire, ce professeur en a pratiqué l’incision dans une longueur de

3 centimètres. Les tentatives faites pour atteindre l’os avec la sonde ont été infructueuses.

Maintenant, cette malade est constamment courbée sur le côté droit; le décubitus à gauche étant impossible. L’épine dorsale ne présente aucune gibbosité et l’articulation coxo-fémorale est libre. La face est amaigrie; l’appétit conservé, la circulation est lente mais régulière.

Cette observation a été interrompue par la sortie de la malade. Velpeau avait diagnostiqué une sacro-coxalgie.

Observation II.

Sacro-coxalgie gauche, suppures. (Observation de Girauld de Nolhac ;

thèse 1840.)*

Je fus prié, dans le courant de janvier dernier, de venir donner des soins à un ouvrier brossier, nommé Deval, demeurant rue Pavée, faubourg St-Antoine, 10. Le lendemain j’allai voir le malade qui souffrait depuis dix-huit mois.

C’était un homme de 45 ans, de taille ordinaire, à cheveux noirs et qui m’assura n’avoir jamais eu de maladie avant celle qui le retenait au lit. Huit mois avant, à ce qu’il me dit, il avait, sans cause connue, éprouvé des douleurs vagues, qui se dissipèrent et reparurent alternativement plusieurs fois, finirent par prendre un degré de persistance qui gêna la marche et força le malade h entrer h l’hôpital, où des sangsues furent appliquées sur le lieu douloureux.

Cette médication, n’ayant pas procuré de soulagement notable, Deval sortit de l’hôpital ; son genou commençait à se fléchir; il m’assura, du reste, que jamais l’articulation coxo-fémorale n’avait été gênée dans ses mouvements.

Après avoir, comme il le dit lui-même, poussé le temps pendant deux mois, il rentra dans le service de M. Robert, chirurgien des hôpitaux. Un abcès ne tarda pas à se manifester à la partie supérieure du bord gauche du sacrum ; cet abcès fut ouvert et il s’en écoula un liquide presque aqueux. La marche était, dès lors, extrêmement difficile et ne pouvait avoir lieu sans support. Le malade sortit une seconde fois de l’hospice, bien décidé à n’y plus rentrer. Il se confia aux soins de M. Thierry, médecin du faubourg, qui appliqua trois vésicatoires à l'eau bouillante sur la partie postérieure de la crête iliaque du côté gauche : ce moyen procura quelque soulagement. Peu de temps après, deux abcès se manifestèrent, l’un au-dessous de celui dont j’ai parlé

et l’autre à la face postérieure de la partie moyenne de la cuisse ; tous deux furent ponctionnés et il en sortit un pus blanchâtre, grumeleux et mal lié. L’articulation coxo-fémorale pouvait encore exécuter tous ses mouvements ; mais ils étaient suivis de quelques douleurs.

Ce fut à cette période désespérée de la maladie que je fus appelé à donner des soins au nommé Deval.

Le décubitus dorsal, sur le côté malade, ne pouvait avoir lieu ; il se tenait constamment couché sur le côté opposé. Il m’assura n’avoir jamais éprouvé d’accidents syphilitiques ni scrofuleux. Je pensai, tout d’abord, à une coxalgie; mais (le pied n’était pas dévié et je ne pus découvrir la tête du fémur hors de sa cavité articulaire. Le membre, mesuré de l’épine iliaque antérieure et supérieure à la rotule, n’offrait point d’allongement et la distance de cette même épine au grand trochanter était la même que celle du côté opposé. Des fausses côtes à la crête iliaque, il y avait, du côté malade, une différence en moins de 2 centimètres ; en arrière, le bord gauche du sacrum faisait une saillie beaucoup plus prononcée qu’à droite. L’état général présentait, au reste, beaucoup d’amaigrissement. L’appétit était conservé.

Application de trois cautères à la potasse caustique. En auscultant le malade j’ai découvert, sous la clavicule gauche, une énorme caverne du poumon. Il m’a semblé que l’ischion était un peu déjeté en dehors.

Observation III.

Sacro-coxalgie gauche suppurée consécutive à l’accouchement; issue de séquestres. (Observation empruntée à la thèse de Joyeux. Strasbourg, 1842.) Résumé,

Marguerite Rudolph accoucha pour la deuxième fois à l’hôpital de Strasbourg d’un enfant mort-né qu’on dut extraire par le forceps. A la première manœuvre un craquement fut entendu par l’accoucheur. La femme accusa une vive douleur dans la hanche gauche. Un gonflement se manifesta bientôt vers la symphyse sacro-iliaque de ce côté. La marche ne devint possible qu’après deux mois.

En 1829, deux ans après, la même femme accoucha pour la troisième fois.

En 1831, quatrième accouchement, après l’administration de trente grains de seigle ergoté ; nouvelles douleurs dans la hanche gauche, en arrière. Tumeur prenant un rapide accroissement. Le décubitus de ce côté était impossible. La cuisse était fléchie sur le bassin et la jambe sur la cuisse.

Après deux mois pendant lesquels la malade resta dans cet état, une grande quantité de pus s’écoula par le rectum et il y eut un soulagement marqué. La malade put étendre la jambe; la tumeur disparut. L’écoulement dura quatre mois, puis cessa. La malade put quitter l’hôpital .

En 1832, nouvelle grossesse accompagnée de douleurs dans la symphyse gauche.

En 1833, sixième accouchement. Dès le cinquième mois la malade avait souffert dans la région précédemment malade et avait dû entrer à l’hôpital. L’accouchement fut spontané et naturel.

Le troisième jour, la douleur de la région iliaque reparaît sous forme d’élancements ; la tuméfaction revient et augmente peu à peu ; elle s’accompagne de fièvre.

Le vingt-troisième jour, la tumeur est fluctuante; le vingt-quatrième, la femme rend par l’anus des matières grumeleuses purulentes; la fièvre augmente encore.

Le quarantièmejour, l’écoulement diminue, mais le cinquantième, une grande évacuation de pus vide presque la tumeur; celle-ci se remplit de nouveau, puis se vide et cela plusieurs fois de suite.

Au début du troisième mois la sensibilité est presque abolie dans la jambe gauche ; de plus la malade traîne cette jambe. La hanche est manifestement plus haute de ce côté. Dans la marche, il semble à la malade qu’elle sent un frottement, un glissement au niveau de l’articulation atteinte.

L’abcès se remplit de nouveau et prend de grandes proportions.

Le centième jour, la malade rend un fragment osseux par l'anus , au milieu du pus. Elle est prise de convulsions et tombe en syncope.

Trois jours après, sortie d’une nouvelle pièce osseuse.

Le 45 avril, nouveau fragment.

Depuis lors, plus d’esquilles; le pus devient rare, brunâtre, trèsfétide, l’abcès reprend ses proportions primitives pour les perdre de nouveau. Les douleurs sont toujours très-vives. La malade quitte l’hôpital dans un état désespéré.

Observation IV.

Sacro-coxalgie du côté droit; mort; autopsie. (Observation de Stoll (Wur-

temberger Gorresp. B1 . , n° 17, 1844; in Schmidfs Jahr., t. LII, p. 81.)

Résumé.

Un jeune négociant, de 23 ans, fut reçu le 14 janvier J 834, h Katharinen-Hospital, à Stuttgart, pour une maladie du côté droit du bassin et de la hanche, sur laquelle les médecins n’étaient pas d’accord.

A l’âge de 8 ans il avait été atteint de démangeaisons; il se livra plus tard à l’onanisme; enfin, il eut une ulcération syphilitique (?) à la verge, qui guérit en trois semaines. Il avait eu des douleurs rhumatismales.

En mai 1833, il eut la rougeole. Quelques semaines après, il éprouva une douleur périodique dans la cuisse droite, qui disparaissait le jour, au point que le malade put voyager longtemps encore pour ses affaires. En septembre, la douleur se fixa au côté du bassin, et commença à gêner notablement la marche. — Sangsues, frictions d’onguent mercuriel belladoné. Vésicatoires.

A son entrée à l’hôpital, douleur profonde qui, partant de l’épine iliaque postérieure et supérieure droite , se dirige vers la symphyse sacro-iliaque, en croisant l’échancrure sciatique, et se perd vers la partie postérieure de l’articulation coxo-fémorale. Douleur vive, à la pression, sur tout ce trajet; nulle au trochanter, quelles que soient les pressions. Le malade peut élever son membre sans souffrir; s’il le pose par terre pour marcher, douleur très-vive. Elle se révèle aussi quand on appuie sur l’épine iliaque antérieure et supérieure, ou quand on essaye de rapprocher les deux os iliaques. Les trochanters sont à la même hauteur, mais la fesse est aplatie, élargie, et parait comme un peu gonflée seulement au-dessous du trochanter. Les membres inférieurs ont la même longueur. Dans la station, la pointe du pied, du côté malade, est dirigée en avant, et équilibre le corps qui repose sur le côté sain. La station dans la rectitude ne s’obtient qu’avec effort et douleur. En marchant (ce qui n’est possible qu’avec un bâton et pour quelques pas), il traîne en arrière le membre malade. Il n’y avait jamais eu de douleur au genou ni au niveau de la colonne vertébrale, ni à la pression, ni spontanément.

Phthisie pulmonaire avancée.

Le diagnostic était difficile. En écartant la névralgie, on pouvait croire à une coxarthrocace ; mais la plupart des signes indiquaient que le siège de la lésion était dans la symphyse sacro-iliaque, quoique deux symptômes, l’abaissement de la crête iliaque du côté malade et la démarche sur toute fa plante du pied, manquassent.

Outre un traitement médical approprié, on fit le 18 janvier une cautérisation transcurrente sur la région. Les deux affections, phthisie et maladie articulaire, s’accrurent néanmoins.

Les douleurs du bassin cessaient parfois le jour pour revenir plus violentes la nuit, ce qui faisait penser à une affection syphilitique. En même temps qu’apparurent des symptômes d’hecticité, une tumeur fluctuante, profondément adhérente, grosse comme une pomme d’api,

se forma au niveau de l’articulation sacro-iliaque droite. On l’ouvrit avec le caustique ; le pus se vida, mais bientôt parurent des eschares. L’épuisement croissant enleva le malade le i l juillet suivant.

Autopsie , vingt six heures après la mort. — Tubercules pulmonaires avec cavernes. — Epanchement séreux abondant dans le péricarde. — Entérite chronique. Les autres viscères sont sains.

Entre les téguments et la symphyse sacro-iliaque est une cavité renfermant du pus semblable à du lait caillé.

Le ligament interarticulaire de la symphyse était détruit; les surfaces articulaires cariées; les parties molles, le tissu cellulaire, les ligaments étaient transformés en une masse blanc-jaunâtre qui maintenait les os au contact. Les vertèbres voisines étaient saines.

Observation V.

Sacro-coxalgie droite ; guérison. (Observation de M. H. Larrey, thèse de Hattute, Paris, 1852.)

Gadroy, soldat au 7e d’artillerie, entre au Val-de-Grâce, en janvier 1851, se plaignant de douleurs dans la région fémoro-iliaque du côté droit. Ces douleurs, survenues, dit-il, sans causes appréciables, telles qu’une chute, un coup, une pression violente, mais auxquelles le cahot du caisson n’est pas étranger, au point de vue de leur origine, furent attribuées par le chirurgien traitant à une névralgie sciatique. On appliqua, en conséquence de ce diagnostic, sur le trajet de la douleur un certain nombre de sangsues, ventouses scarifiées, etc.; ces moyens parurent amener un soulagement marqué et le malade sortit de l’hôpital dans les premiers jours d’avril.

Un mois après (23 mai), Gadroy entra de nouveau à l’hôpital du Valde-Grâce et fut placé dans le service de M. H. Larrey.

Il se plaint de douleurs assez intenses au niveau de l’articulation sacro-iliaque droite; cette douleur est parfaitement rapportée par le malade à la symphyse, augmente sensiblement à la pression, pendant la marche et se réveille énergiquement lorsque, appliquant la main sur la crête iliaque droite, on essaye d’imprimer des mouvements à ce côté du bassin, ou lorsqu’on opère des tractions sur le membre inférieur droit. La station et la marche sont aussi très douloureuses ; cette dernière est incertaine, chancelante, le malade semble craindre de s’appuyer sur la jambe du côté douloureux.

Plusieurs moxas furent appliqués immédiatement autour de l’articulation sacro iliaque et procurèrent une amélioration manifeste. On fit une seconde application de moxas lorsque les premiers furent à peu

près cicatrisés et, dans les premiers jours de juillet, le malade put se l lever; sa démarche était franche, sans claudication. Les douleurs vioL | lentes auxquelles elle donnait naissance antérieurement ne reparurent plus et le malade sortit de 1? hôpital le 12 juillet, pour prendre un congé de convalescence.

Observation VI.

Sacro-coxalgie droite; guérison. (Observation de M. H. Larrey, thèse de Hattute, Paris, 1852.)

Châtel, fusilier au 48e de ligne, entre au Val-de-Grâce, le 7 avril 1846, à la suite d’un refroidissement éprouvé six mois avant son entrée à l’hôpital. Ce malade a ressenti, dit-il, dans les- hanches une douleur assez vive qui a persisté depuis. Presque en même temps, il fut pris de faiblesse dans les jambes, et il lui devint impossible de se tenir debout pendant longtemps; on appliqua sur la région malade des sangsues et des ventouses qui ne procurèrent qu’un soulagement temporaire, puis enfin on en vint à appliquer deux moxas au niveau des trous d’émergence des branches sacrées postérieures, un de chaque côté de la crête épineuse du sacrum.

Voici ce que M. le professeur Larrey constate le jour de l’entrée de ce malade; des douleurs existent dans la région sacrée et sont rapportées exactement par le sujet à la symphyse sacro-iliaque droite; elles se calment par le repos, mais se renouvellent par la marche, la station sur les tubérosités ischiatiques, les mouvements du tronc ; le décubitus sur le côté droit est aussi très-douloureux, pour ne pas dire impossible. Les douleurs articulaires se propagent le long de la cuisse jusqu’au genou; la démarche est incertaine, claudicante; le membre inférieur droit n’est pas amaigri et la peau jouit, dans toute l’étendue de ce membre, de sa sensibilité normale. La région sacro-iliaque n’est point déformée; on n’y perçoit ni tumeur, ni fluctuation.

On applique au niveau de la région douloureuse, de chaque côté de l’articulation et successivement, cinq moxas ; il en résulte un mieux très-sensible; les mouvements sont moins pénibles, le malade peut marcher en s’aidant de béquilles. Dans le but de prévenir une rechute et aussi de diminuer l’action du poids du tronc sur l’articulation malade, par suite, d’en augmenter la résistance, on fit fabriquer une ceinture solide qui s’adaptait parfaitement aux contours du bassin. La force du membre augmenta sensiblement sous l’influence de ce moyen.

Au commencement de juillet, apparaît tout à coup au genou gauche

une hydarthrose inlense avec laquelle coïncide une amélioration trèsmarquée de la sacro-coxalgie; cette hydarthrose traitée immédiatement par l’application d’un large vésicatoire, se guérit rapidement et le malade sortit de l’hôpital au commencement d’août pour prendre un congé de réforme.

Observation VII.

Sacro-coxalgie gauche, rhumatismale ; guérison. (Observation de M. leDr H. Larrey, thèse de Hattute, Paris, 1852.)

Rousseau, soldat au neuvième bataillon de chasseurs à pied, entre au Val-de-Grâce, le 31 octobre 1851. Mineur avant son entrée au service, il éprouva à différentes reprises des douleurs rhumatismales dans la symphyse pubienne; ces douleurs furent assez intenses pour gêner considérablement la marche et la station ; cependant leur durée fut courte et elles cédèrent à un repos au lit de quelques jours.

Lorsqu’il arrive à l’hôpital le 3 1 octobre, son billet d’entrée porte : Lumbago. Voici les symptômes que ce malade présente : douleur fixe, gravative, limitée exactement par le sujet lui-même, au niveau de l’articulation sacro-iliaque gauche ; cette douleur s’exaspère par la pression exercée sur la symphyse et par le mouvement de soulèvement que l’on essaye d’imprimer à l’os iliaque, en le saisissant par son bord supérieur ; elle est instantanée dans cette manœuvre et se produit exclusivement dans la symphyse ; en appliquant la main sur tout autre point au voisinage de cette articulation, on ne développe aucune espèce de sensibilité anormale.

La marche et la station sont douloureuses, incertaines ; les mouvements du tronc et le décubitus sur le côté gauche développent aussi des douleurs intenses dans la symphyse sacro-iliaque.

On appliqua plusieurs fois des ventouses scarifiées sur la région sacro-iliaque; le repos absolu fut commandé et, au bout d’un mois, le 30 novembre, le malade sortit de l’hôpital.

Observation VIII.

Sacro-coxalgie droite chez un tuberculeux ; mort; autopsie. (Observation de M. le Dr H. Larrey, thèse de Hattute, Paris, 1852.)

Le nommé Ghalopin, du 47e de ligne, entre au Val-de-Grâce le 19 mars 1851 ; il est placé salle 20, n° 36, dans le service de M. le professeur H. Larrey, Cet homme est dune mauvaise constitution; il est

affaibli par une bronchite chronique et présente tous les signes de la cachexie tuberculeuse.

Deux ans avant son entrée à l’hôpital du Val-de-Grâce, il fit un faux pas en descendant un escalier de pierre et tomba sur la hanche droite; il éprouva dans cette région une vive douleur qui se prolongea les jours suivants, mais malgré laquelle il put faire son service; cette douleur disparut lentement par le repos, mais pour reparaître plus tard, h certaines époques, principalement par les temps froids et humides.

Ghalopin est entré plusieurs fois à l’hôpital de Nantes, dans le service de M. Gély, et y subit divers traitements consistant en frictions avec desliniments de compositions variées, vésicatoires, et applications réitérées d’aiguilles à acupuncture dans la région trochantérienne. Ce dernier moyen, continué pendant environ huit jours, fut abandonné comme ne procurant aucun soulagement au malade. A cette époque il n’y avait du côté de la hanche ni gonflement, ni déformation ; la mar che était seulement presque impraticable.

A l’entrée de ce malade au Val-de-Grâce, on constate l’existence des douleurs au niveau de la symphyse sacro-iliaque droite, l’impossibilité de la station et de la marche et une tuméfaction manifeste vers le grand trochanter.

Le 1er avril. Un abcès froid, développé à la poitrine, au devant du sternum, en dedans du mamelon droit, est ouvert; il s’en écoule une assez grande quantité de pus; on ne peut constater s’il y a ou non dénudation de quelques points des cartilages costaux ou du sternum.

Le 4, et les jours suivants, application successive de plusieurs moxas de chaque côté de l’articulation saro-iliaque.

Le 10 mai. La tuméfacion observée précédemment dans la région ischio-trochantérienne est devenue considérable; elle est accompagnée de rougeur de la peau, de tension et d’une réaction fébrile intense.

Le 30. Saillie plus prononcée de la tumeur; fluctuation manifeste douleur très -vive vers l’articulation sacro -iliaque. Le lendemain, on ponctionne la tumeur avec le bistouri, sur la cicatrice d’un moxa; où la peau, très-amincie, menaçait de se perforer spontanément. Cette ponction donne issue à environ 500 grammes de pus grumeleux, caillebotté, de couleur café au lait.

Le 2 juin. Réaction vive; pouls plein, fréquent, visage coloré, suppuration peu abondante, sensation de malaise, légers frissons. — Diète, infusion de tilleul, potion calmante.

Le 6. Une sonde introduite dans l’ouverture de la tumeur disparaît presque entièrement dans le bassin, le long de la face antérieure du sacrum ; l’air pénètre facilement dans ce vaste décollement. La région

sacro-iliaque droite est on ne peut plus douloureuse au toucher. Le malade est couché sur le côté gauche; on le soulage en soutenant le bassin, du côté droit, au moyen de plusieurs coussins. La fièvre de suppuration est assez intense ; mais les craintes de résorption purulente, qu’on avait pu concevoir, ne se réalisent pas. — Bouillon, eau de Sedlitz, potion calmante.

Le 7. Une contre-ouverture est pratiquée au-dessous de la première; il s’en écoule une grande quantité de pus grumeleux et grisâtre; un séton est passé par les deux ouvertures.

Les jours suivants, la fièvre devient continue, avec redoublement vers le soir, une suppuration abondante et fétide continue à s’écouler par les ouvertures pratiquées; le malade, dans l’espace de quinze jours, maigrit considérablement.

Le 10 juillet, on ouvre un abcès fluctuant au niveau de l’articulation sacro-iliaque droite; on constate une dénudation étendue de la face postérieure du sacrum, de l’os des iles et une mobilité anormale avec crépitation entre les surfaces articulaires de ces deux os.

L’état général du malade augmenta de plus en plus de gravité, les signes évidents d’infection purulente persistèrent, enfin la mort survint le 29 juillet. (Voir pour l’autopsie, l’article Anatomie pathologique .)

Observation IX.

Sacro-coxalgie droite suppurée chez un tuberculeux ; mort ; autopsie.

(Observation de M. le D1 Weiss, thèse de Hattute, Paris, 1852.)

Jourbé (Bernard), soldat au 6e bataillon de chasseurs à pied, âgé de 24 ans, entre à l’hôpital le 1er janvier 1849 (service de M. Sédillot).

Ce malade, d’un teint pâle, tempérament lymphatique, constitution encore bonne, s’est aperçu, il y a deux mois, de la formation d’une tumeur vers la partie interne de la fesse droite.

Cette tumeur s’est agrandie de jour en jour, mais n’est douloureuse que depuis un mois. Le malade ne se rappelle pas avoir reçu de coup ni être tombé sur cette région ; il dit n’avoir jamais eu d’accidents syphilitiques. Voici ce que l’on trouve en examinant le sujet :

Vers la moitié interne de la fesse droite, abcès parfaitement limité, ne se prolongeant nullement en bas du côté de la cuisse, laquelle a conservé son volume normal. Une pression très-forte, exercée sur les vertèbres dorsales et lombaires, ne cause aucune douleur au malade ; il ne se plaint que quand on presse sur le sacrum, près de l’articulation sacro-iliaque droite, précisément au côté interne de la tumeur.

Le 2 M. Sédillot prescrit un cautère sur l’articulation.

Le 10. L’abcès s’est étendu vers le grand trochanter et e e bord hn férieur du grand fessier. M. Sédillot le ponctionne avec un bistouri très-effilé. Issue d’une grande quantité de pus floconneux ; on no la s sortir que le trop-plein, sans presser sur les parois de U poche p lente, puis l’ouverture est fermée avec un carre de diachylon.

Le 13. La ponction, faite au moyen du bistouri, est cica risée ; inappétence; pouls à 83; le malade se plaint d’avoir éprouvé : la vedte un frisson suivi de chaleur. - Quatre ventouses scanhees sur la tumeur.

Le 17. L’abcès s’ouvre spontanément au voisinage du premier cautère ; issue d’une très-grande quantité de pus. tumeur

Le 18. On applique un nouveau cautère sur le sommet de la tum .

Injection d’eau aromatique. „Q„timatres au-

8 février. Incision de la peau dans 1 étendue de dessous du dernier cautère, au fond duquel 1 abcès s était ouvert. Cett incision est faite dans le but de donner une issue facile au pus quista-

8t Le^ jours suivants n’apportent aucun changement notable dans l’état du malade, la santé générale se soutient, les prépara ions e quinquina sont données à l’intérieur comme toniques; dans le but de modifier les parois de la poche purulente, on y fait des injections e nitrate d’argent (0,2 pour 100 gr. d’eau distillée). ,

17 mars. Un œdème des membres inférieurs se déclaré et, quelques joursaprès, unengorgement assez manifestedansla fosse iliaque^droite.

15 avril. Amaigrissement, suppuration abondante et fetide. On co tinue l’usage des toniques et des injections aromatiques et chlorurées.

Le 22 . Le malade accuse de vives douleurs au côté interne de la cuisse droite; une tumeur fluctuante occupe la partie supérieure de cette

'Tmai. La fièvre hectique se déclare; le malade, affaibli par une diarhée opiniâtre, est dans le marasme le plus complet. On réussit cependant, par une médication appropriée, à soutenir ses forces quelques jours encore*, enfin, le malade meurt le -0.

Voici les principales lésions que l’on trouve à l’autopsie :

A l’extérieur du bassin, un abcès considérable, situé au-dessous des muscles fessiers, communique avec la cavité pelvienne par la grande échancrure sacro-sciatique, l’articulation sacro-iliaque est ouverte en arrière, et les apophyses épineuses du sacrum sont dénudées, probable-

ment secondairement. „ .

A l’intérieur du bassin, foyer purulentdans la fosse iliaque ; le fascia iliaca est décollé dans une grande étendue, l’articulation sacro-iliaque

est ouverte; la collection de pus de la fosse iliaque s’étend en bas jusqu’au milieu de la cuisse en passant sous le ligament de Fallope; en haut, il remonte dans la gaine du psoas jusqu’à la dixième vertèbre dorsale, dont l’apophyse transverse est superficiellement cariée (altération probablement secondaire); les surfaces articulaires du sacrum et de l’os coxal sont profondément cariées.

Examen des viscères. — Poumon droit très-adhérent; tubercules; cavernes très-étendues au sommet ; poumon gauche sain ; ulcérations dans l’intestin grêle et le gros intestin ; ganglions mésentériques tuberculeux.

Observation X.

Sacro-coxalgie gauche, blennorrhagique. (Observation de Rollet,

Gaz. méd. de Lyon, 1858.'; Résumé.

Le nommé Roger (Mathieu), atteint de blennorrhagie, éprouve de vives douleurs dans l’articulation sacro-iliaque gauche. La marche est impossible, ainsi que le décubitus dorsal.

Trois jours après, la douleur s’étend à l’articulation tibio-tarsienne.

Le 20e jour, l’articulation sterno-claviculaire gauche se prend. L’écoulement continue.

Le 26e jour, mieux général, et le 30e jour toutes les douleurs sont finies.

Deux mois après, nouvelle blennorrhagie, nouvelles douleurs dans la symphyse sacro-iliaque gauche. — Traitement antiblennorrhagique. Guérison.

Un an après, troisième blennorrhagie; troisième rhumatisme dans l’articulation sacro-iliaque gauche. On traite le malade comme précédemment; il reste près d’un an à l’hôpital, et sort définitivement guéri.

L’auteur pense qu’il n’y a pas eu trois blennorrhagies distinctes, mais trois poussées aiguës de la même affection. Dans un autre article (page 171), il dit avoir observé deux fois l’arthrite blennorrhagique sacro-iliaque sur 64 cas de rhumatisme blennorrhagique qu’il a vus.

Observation XI.

Sacro-coxalgie gauche, suppurée; mort; autopsie. (Observation de M. Gouraud ; thèse de Boissarie, 1862.)

Jeune fille de 18 ans, couturière, couchée au n° 7 de la salle Sainte- Catherine (service de M. Velpeau). Elle ressentit, il y a un an, quelques douleufis dans la fesse gauche, sans qu’elle sût à quoi les attribuer. Il y a quatre mois, ces douleurs devinrent beaucoup plus vives et s’étendirent à la hanche et au membre inférieur correspondant ; elle habitait dans un endroit humide. C’est alors qu’apparut, à la région fessière, une tumeur qui n'a pas cessé de prendre de ^accroissement depuis. Le jour de l’entrée de la malade à la Charité, la tumeur se rompit et laissa s’écouler une grande quantité de pus fétide.

M. Velpeau agrandit l’ouverture et reconnut, en explorant la plaie, un point nécrosé correspondant à l’épine iliaque postéro-inférieure ; des injections iodées furent faites dans l’intérieur du foyer. La suppuration néanmoins, devenue très-abondante, épuisa rapidement la malade et elle succomba dans le marasme le 23 février.

A l 'autopsie, on trouva un vaste clapier divisé en deux parties, l’une superficielle, l’autre profonde, par le muscle grand fessier, remontant sous l’aponévrose des muscles sacro-lombaire et long dorsal ; ce clapier communique avec l’articulation sacro-iliaque par un orifice situé entre l’os iliaque et le sacrum, au niveau de l’épine iliaque. Celle-ci est, à cet endroit, dénudée et rugueuse dans l’étendue de 1 centimètre carré. Les surfaces articulaires sont recouvertes de fongosités saignantes, au milieu desquelles on aperçoit des fragments osseux nécrosés ou cariés. Des deux côtés, dans le psoas, on trouve des abcès circonscrits, sans communication avec les parties voisines ; enfin, sur la face antérieure du sacrum, au milieu de la deuxième paire des trous sacrés, on trouve un dernier foyer qui correspond à une partie nécrosée de l’os. Les autres organes sont sains.

Observation XII.

Sacro-coxalgie gauche; mort; autopsie. (Observation de M. Gadaud, interne du service de M. Verneuil (Bulletins de la Soc. anat., 1865).

Cosette (Rosalie), 25 ans, blanchisseuse, entrée le 20 avril 1865, salle Sainte-Jeanne, n° 9, à Lariboisière.

Tardivement développée, réglée à 18 ans; depuis cette époque mens-

trues très-irrégulières. Deux ou trois mois d’aménorrhée. Fréquentes pertes blanches. Maladies des yeux dans l’enfance. Gastralgie, souffle anémique. En un mot tous les signes de la chlorose, quoique avec une apparence pléthorique et un embonpoint vraiment extraordinaire.

Fait remonter le début de cette affection à dix mois, c’est-à-dire au mois de juillet de l’année précédente. Elle assure qu’avant cette époque elle n’a rien éprouvé. Le début a été signalé par une douleur dans la hanche gauche entraînant la claudication. Bientôt cette douleur s’est étendue au genou et à la jambe, jusqu’à la cheville. Trois mois après le début, les mouvements étaient si douloureux que la malade ne pouvait plus marcher. L’abolition des fonctions du membre étant complète, cette femme s’est décidée à entreprendre un traitement. Elle est restée chez M. Velpeau pendant les mois de novembre et décembre 1864. Ventouses scaritiées, appareil à extension continue pendant six semaines, remplacé par un appareil à attelles conservé quinze jours. Lorsque la malade a quitté la Charité, la douleur ne permettait même pas la station debout.

Entrée chez M. Richard le 20 janvier. Électrisation tous les jours, bains de Baréges tous les deux jours, et le tout sans succès. Ce traitement a été suivi jusqu’au 15 février. On a mis alors la malade dans un appareil amidonné. Les douleurs persistent; la malade part deux ou trois jours après pour le Vésinet.

Rentrée actuellement, le 20 avril, elle dit ne pas avoir pu marcher une seule minute à cause de la douleur. Cependant l’intensité de celle-ci a été un peu moins considérable. Aussitôt l’appareil enlevé, la malade a recommencé à souffrir. — Traitement tonique.

24 juin. Après avoir constaté pendant l’anesthésie, en présence de M. Bouvier, ce qu’avaient déjà pu constater MM. Richard et Després, l’intégrité des mouvements de la hanche, on constate également de la douleur à la pression dans la région de la hanche, au niveau du grand trochanter, au pli de l'aine, au genou, et on se contente de placer la malade dans la gouttière de Bonnet. — Douches froides locales.

Le 29. La douleur persiste malgré le repos et le traitement. Pour la première fois la malade parle de douleurs lombaires.

8 juillet. Mêmes douleurs; six douches prises sans le moindre effet: on les suspend. Règles dans l’intervalle. On retire la gouttière pour essayer les mouvements communiqués.

Le 20. Devant l’inutilité des moyens précédents, on essaye les mouches avec le chlorhydrate de morphine.

26 août. On emploie pendant quelques jours les armatures métalliques. Insuccès.

Le 30. Hyperesthésie diffuse sur le membre gauche. On replace la malade dans un appareil inamovible, dextrine et attelles de fil de fer, que la malade garde jusqu’à la fin de décembre.

A cette époque, la douleur n’ayant en rien cédé, on enlève l’appareil. Toujours les mêmes douleurs: atrophie de tout le côté malade (gauche). About de ressources, M. Yerneuil essaye des pointes de feu. Deux jours après, la malade est prise d’un érysipèle ambulant développé autour des eschares, et elle succombe dans l’espace de quatre jours.

A Y autopsie, rien dans les articulations du genou et de la hanche des deux côtés. La tête du fémur, du côté malade, est, il est vrai, aplatie, et semblerait avoir subi un travail d’ostéite. Le col semble plus court et inséré à angle plus droit qu’il ne l’est à l’état normal chez la femme : mais cette disposition est congénitale, car elle se retrouve exactement identique de l’autre côté.

Toutes les masses musculaires du côté malade sont atrophiées. Les muscles ont subi un commencement de dégénérescence graisseuse. Rien dans les vaisseaux, infiltration tuberculeuse des ganglions lombaires.

L’examen nécroscopique semble confirmer l’existence d’une coxalgie sans lésion, d’une coxalgie hystérique. Mais, en poursuivant l’autopsie avec plus de soin, on voit sourdre du pus dans la fosse iliaque interne. On examine alors la symphyse sacro-iliaque et on la trouve pleine de pus. Le fibro-cartilage est détruit, les os sont altérés. Une coupe du sacrum fait voir dans cet os un abcès qui n’est séparé de l’articulation malade que par une couche de tissu osseux très-mince.

Observation XIII.

Sacro-coxalgie blennorrhagique du côté gauche. (Observation de M. le professeur Gosselin, Gaz. des Hôpit., 1868, p. 574.)

Jeune homme de 29 ans, entré à la Charité pour une douleur de la fesse gauche, datant d’environ trois semaines, survenue sans cause connue, modérée pendant les premiers jours, puis ayant augmenté au point d’empêcher la marche et la station verticale.

La douleur est augmentée par la marche et les mouvements dans le lit ; elle est moins forte la nuit que le jour quand il est levé, et moins forte quand il n’a pas marché.

En faisant marcher le malade, on constate qu’il boite considérablement ; qu’il marche à petits pas et il assure que chaque fois qu’il Delcns. 8

amène en avant et appuie le pied gauche, il ressent une grande souffrance dans la région fessière, un peu au-dessous du pli fessier. Ni rougeur, ni gonflement dans la région ; la douleur irradie à quelques centimètres seulement de la fesse, le long de la partie postérieure de la cuisse.

Le malade a un écoulement uréthral purulent, sur l’origine et l’ancienneté duquel il ne peut ou ne veut pas donner de renseignements.

M. Gosselin dit qu’il s'agit d’une arthrite rhumatismale simple ou d’une arthrite blennorrhagique.

Après quinze jours, le malade ne souffrait plus du tout au lit, marchait sans boiter et n’éprouvait plus que de la gêne, encore très-peu prononcée, par le fait des mouvements dans la station verticale. Il a été envoyé à Vincennes.

Observation XIV.

Sacro-coxalgie présumée rhumatismale du côté droit. (Observation de M. le professeur Gosselin, Gaz. des Hôp., 1870, p. 297.)

Femme de 48 ans, couchée au n° 12 de la salle Sainte-Catherine, bien constituée, habituellement bien portante. Elle se plaint de souffrir du côté de la fesse, de la hanche et de la cuisse droites depuis quatre mois. Il n’y a pas de cause traumatique, mais la malade allait souvent laver elle-même son linge à la rivière, et elle pense qu’elle a dû être exposée à l’humidité.

Les douleurs ont d’abord été modérées , se sont progressivement accrues, et la marche est devenue extrêmement pénible. Elles sont à peu près constantes sans être toujours très-intenses la nuit; elles empêchent parfois le sommeil; enfin elles sont toujours plus intenses dans la station verticale que dans le décubitus horizontal.

La malade boite notablement. La claudication a commencé avec les douleurs et augmente après quelques heures de station debout et de marche.

La malade indique, comme siège de ses douleurs, la région sacro iliaque, la fesse, les parties externe et antérieure de la cuisse jusqu’au genou, mais nullement le trajet du nerf sciatique. La pression et la percussion, au niveau de la partie postérieure de l’os iliaque, augmentent momentanément les «souffrances.

La malade peut détacher le talon du lit et fléchir complètement la cuisse sur le bassin. Les mouvements communiqués par le chirurgien ne se transmettent pas au bassin et à la colonne vertébrale. Il n’y a ni

abaissement du bassin, ni cambrure lombaire, ni efïacement du pli de l’aine.

M. Gosselin conclut à l’existence d’une arthrite sacro-iliaque, de nature probablement rhumatismale.

Observation XV.

Sacro-coxalgie blennorrhagique du côté droit (Observation communiquée par M. le Dr Siredey.) (Inédite).

Albert M..., étudiant, âgé de 18 ans, d’un tempérament lymphosanguin, n’ayant jamais eu de rhumatisme, a eu, l’année dernière, une première blennorrhagie. Il présente actuellement une épididymite peut-être tuberculeuse.

Vers le 1er janvier 1865, nouvelle blennorrhagie.

Le 1er mars, à notre première visite, l’uréthrite est presque guérie, mais le malade est forcé de rester au lit, car il ne peut ni marcher ni se tenir debout, à cause d’une douleur qui, nulle pendant le repos, se réveille par les mouvements et par la pression. Elle occupe la partie supérieure et postérieure de la fesse droite; son summum paraît être au niveau de la symphyse sacro-iliaque et peut-être aussi au point d’émergence du nerf sciatique ; pourtant il n'y a pas de propagation douloureuse sur le trajet du nerf. On ne trouve ni tuméfaction, ni rougeur à la peau. Les mouvements du genou sont faciles; ceux de l’articulation coxo-fémorale limités, quoiqu’il n’y ait rien d’appréciable au niveau de cette articulation.

Repos au lit. Vésicatoires volants morphinés ; topiques calmants.

Le 22 mars, il y a peu de changement. Il n’y a pas de douleur pendant le repos et dans le sommeil, mais la marche et la station les réveillent aussitôt, et elles sont exaspérées par la pression exercée juste au niveau de l’articulation sacro-iliaque et seulement en cet endroit.

Le 24 mars, les douleurs ont été calmées par une injection morphinée (0 gr. 02 centig.); le malade ne peut, il est vrai, marcher mais il se tient debout. Nouvelle injection de morphine.

Le 30 mars, M. Foucher, appelé en consultation, confirma le diagnostic d’arthrite sacro-iliaque droite blennorrhagique. Il diagnostique, de plus, un testicule tuberculeux à droite. — Iodure de potassium, 1 gramme.

Le lendemain, il applique sur l’articulation dix à douze raies de feu, qui font immédiatement disparaître les douleurs. Celles-ci reparaissent cinq ou six iours après, à la suite d’un bain sulfureux*

Le 6 avril, nouvelle cautérisation au 1er rouge; nouvelle disparition immédiate des douleurs. On recommande le repos absolu au lit.

Le 15, le malade est toujours au lit ; il n’y a plus aucune douleur. On cesse l’iodure de potassium.

Quelques jours après, le malade s’étant levé et ayant pris froid, les douleurs apparaissent de nouveau.

M. Nélaton, appelé en consultation, confirme le diagnostic de sacro* coxalgie.

Le malade, devant partir pour l’Angleterre, est perdu de vue.

Observation XVI.

Sacro -coxalgie blennorrhagique. (Communication de M. le D' Alfred Fournier.)

M. Fournier a eu l’occasion d’observer une fois la sacro-coxalgie blennorrhagique. C’était chez un jeune homme qui a eu quatre fois la blennorrhagie et qui, chaque fois, a été atteint, en même temps de rhumatisme. Une fois, ce rhumatisme affecta un certain nombre d'articulations, parmi lesquelles celle du sacrum et de l’os iliaque.

Observation XVII.

Sacro-coxalgie du côté gauche. (Observation recueillie par M. Chouppe, interne du service de M. le professeur Laugier.) (Inédite.)

Jeune fille de 16 ans, entrée dans les premiers jours du mois de novembre 1871, à l’Hôtel-Dieu, salle Saint-Charles, no 4, service de M. le professeur Laugier.

Elle se plaint de ne pouvoir marcher sans souffrir et d’épouver depuis plusieurs mois une douleur assez vive, exaspérée par les mouvements, dans le genou du côté gauche.

Cette jeune fille est d’une petite taille, mais ne présente pas de traces de scrofule ni aucun phénomène du côté de la poitrine. Elle est réglée depuis deux ans ; les règles sont un peu moins abondantes depuis quelques mois. Léger bruit de souffle au cœur, au premier temps et à la base. Bruit de mouche dans les vaisseaux du cou. Muqueuses décolorées. Elle a d’assez fréquentes palpitations. Son embonpoint est suffisant et elle n’a pas maigri dans ces derniers temps.

Jamais elle n’a éprouvé de douleurs du côté des jointures; jamais elle n’a eu d’abcès ni d’éruptions cutanées.

Il y a environ trois ou quatre mois elle éprouva, sans cause appréciable, une douleur vague dans le membre inférieur du côté gauche. Cette douleur sans localisation spéciale, au début, était accompagnée de phénomènes d’engourdissement et la rendait paresseuse , dit-elle. Cette douleur, d’abord intermittente, ne tarda pas à se localiser dans le genou gauche, à la partie supérieure et interne de la rotule, et à devenir continue. Bientôt elle commença à boiter et la marche fut accompagnée d’un nouveau point douloureux au niveau de la partie inférieure de la région lombaire. La maladie continua à faire des progrès et la malade se décida enfin à entrer à Y hôpital.

Phénomènes subjectifs. — Douleur vive dans le genou gauche, cette douleur s’exaspère dans les mouvements; cependant elle ne disparaît pas complètement par le repos au lit et le décubitus dorsal. Quand la malade marche, la douleur qu’elle éprouve également à la région lombaire augmente au point de lui arracher des cris. Cette douleur, rayonnant de ce dernier centre, s’irradie alors dans la fesse gauche, mais sans aucun retentissement du côté droit. Elle survient parfois spontanément; elle est réveillée par le décubitus sur le côté gauche et même un peu par le décubitus dorsal. La malade souffre beaucoup moins lorsqu’elle est couchée sur le côté droit.

Phénomènes objectifs. — L’examen de l’articulation du genou gauche ne révèle aucune altération; tous les mouvements sont libres. Le membre inférieur gauche semble plus court que celui du côté droit ; cependant une mensuration régulière, le bassin étant ramené à la rectitude, ne révèle aucune altération de longueur ; la diminution apparente semble due à l’abaissement de la hanche droite sur laquelle la malade s’appuie surtout en marchant. Les mouvements de l’articulation coxo-fémorale sont libres. La malade peut s’asseoir presque sans douleur. Les mouvements communiqués dans tous les sens, sont faciles, non douloureux et présentent leur amplitude normale. Il n’y a autour de cette articulation ni gonflement, ni changement de couleur à la peau. La pression brusque sur le grand trochanter du côté gauche réveille une douleur au niveau de l’épine iliaque postérieure. A ce niveau, existe un gonflement assez appréciable, avec une sensation d’empâtement profond. La pression y est douloureuse ainsi que sur les autres points de l’os des îles. Les mouvements que l’on peut communiquer à l’articulation sacro-coxale semblent plus étendus qu’à l’état normal. Cependant, il n’y a aucun déplacement dans les surfaces articulaires.

La pression sur le sacrum, surtout près de la pointe, réveille éga-

— no —

lement la douleur. Ni l'examen de la peau, ni le toucher rectal ne font sentir en aucun point de collection purulente.

La colonne vertébrale ne présente ni déviation, ni exagération de courbure, ni points douloureux.

Traitement : huile de foie de morue. — Sirop d’iodure de fer. — Plusieurs cautères.

Au 1er janvier 1872, l’état général était très-bon, mais les phénomènes locaux, sans avoir subi d’aggravation notable, ne s’étaient pas amendés. La malade pouvait toujours s’asseoir et marcher un peu en boitant.

Observation XVIII.

Sacro-coxalgie double, consécutive à l’accouchement; alfections articulaires

multiples. (Observation recueillie par M. P. Berger, interne du service de

M. le Dr S. Duplav.) (Inédite. ï

Mathilde Gaveau, âgée de 25 ans, entrée le 4 juin 1872, à l’hôpital de la Pitié, salle Saint-Augustin, n° 30.

Atteinte dans la première enfance de scrofulides du cuir chevelu, elle n’a fait aucune maladie. Les règles s’établirent à 15 ans, sans difficultés, elles ne donnèrent jamais lieu à aucun trouble, mais de 16 à 19 ans, la malade fut atteinte d’une chlorose qui nécessita l’administration des ferrugineux.

Elle accoucha neuf mois et demi après son mariage d’un enfant à terme, mort. Les couches avaient, du reste, été faciles. Dix huit mois après, elle eut un second enfant; les couches furent faciles; mais la malade prit froid et eut une indisposition de quelque durée, puis sa santé se rétablit jusqu’à sa troisième couche qui eut lieu treize mois après.

Les couches furent difficiles et longues. Déjà dans les derniers temps de la grossesse elle avait de la difficulté à marcher, avec des douleurs iliaques assez vives à la pression. Elle resta dix à douze jours au lit, et, quand elle se leva, elle remarqua une difficulté plus grande encore de la marche qui était incertaine et titubante.

Il faut ajouter que la malade est charcutière et forcée de rester debout presque toute la journée. Elle parle aussi d’une chute sur le siège, pendant sa dernière grossesse, chute qui aurait été suivie d’une incontinence .d’urine qui dura jusqu’à la fin de la grossesse.

Pendant les premiers mois qui suivirent, la malade put encore marcher quoiqu’avec difficulté. Elle resta ainsi dix-huit mois et en septembre dernier, elle fut forcée de garder définitivement le lit.

Dès le mois de mai 1871, elle qvait ressenti des douleurs vives dans

la l'esse gauche, surtout pendant la marche et un peu à la pression. Ces ! douleurs gagnèrent, depuis, du côté du coccyx et de là s’irradièrent du i côté de l’aine.

L’hiver dernier, elle eut d’autres douleurs dans les genoux, dans les i chevilles et dans les mains.

Du reste, l’état général est bon ; il n’y a aucun signe de tuberculisation pulmonaire; on remarque seulement un certain degré de déplacement de l’utérus.

Etat actuel. — La malade a été mise, dès le 8juin, dans une gouttière de Bonnet. Elle se présente dans l’état suivant :

Du côté du bassin, on ne peut noter aucun signe physique, sauf peutêtre un peu d’élévation de l’épine iliaque antéro-supérieure gauche. De | même, la distance des épines iliaques aux malléoles paraît la même.

Les épines iliaques paraissent un peu plus rapprochées qu’à l’état ! normal du rebord des côtes. Comme signes fonctionnels : impossibilité des mouvements de torsion du tronc, le bassin étant fixé; la rotation du tronc vers la droite, est surtout fort douloureuse. Il est impossible à la malade de s’asseoir sans réveiller aussitôt une douleur des plus vives dans la région sacrée gauche.

Celle-ci est douloureuse à la pression, Surtout vers l’épine iliaque postérieure et supérieure. 11 y a peut-être un peu de tuméfaction, mais tous les signes physiques tirés de l’examen de la région fessière sont nuis et sans valeur à cause de la longueur du séjour au lit qui a amené une déformation de la région fessière, de l’œdème, de la rougeur, de l’empâtement, en même temps qu’un aplatissement dû au décubitus.

La douleur spontanée est vive, surtout vers le pli de l’aine ; c’est à cette région que la malade rapporte la plus grande partie de ses souffrances qui s’exaspèrent à la toux et dans les efforts.

Quant aux pressions, celles qui ont pour but de rapprocher ou d’écarter les épines iliaques , sont douloureuses et répondent surtout à gauche, et un peu à droite. C’est toujours le pli de l’aine, puis la fosse iliaque interne, la crête iliaque et la ligne qui joint l’épine iliaque postérieure et supérieure au coccyx qui en sont le siège.

La colonne vertébrale est douloureuse aussi, mais moins depuis quelques jours. La pression sur les apophyses épineuses, à partir de la sixième dorsale est douloureuse; la souffrance se manifeste d’autant plus qu’on se rapproche de la cinquième lombaire, ce qui peut faire rapporter la douleur à une transmission du mouvement jusqu’à l’articulation sacro-iliaque.

Pas de déviation vertébrale. La malade paraît enfoncée dans son bassin . Elle dit elle-même que dans les derniers temps où elle marchait, on lui

faisait observer qu’elle était affaissée et que sa taille diminuait. Cet effet est surtout sensible quand elle est assise.

Depuis plusieurs mois, six mois environ, la malade a été prise d’une polyarthrite probablement rhumatismale; les deux genoux d’abord ont gonflé et sont devenus le siège d’un épanchement puis d'un engorgement qui augmente de volume. Le pourtour désarticulations tibio-tarsiennes est œdématié, à droite surtout. Leurs mouvements sont néanmoins plus libres que ceux du genou qui ne peut se fléchir même à 120° ou 140°.

La pression sur toutes ces articulations est des plus douloureuses; il en est de même pour les articulations tarsiennes, intermétatarsiennes ainsi que pour l’articulation scapulo-humérale gauche, les deux coudes et les articulations du carpe et du métarcape des deux côtés. Toutes celles du membre supérieur, néanmoins, permettent encore des mouvements étendus.

Presque seules les deux articulations coxo-fémorales ne donnent lieu à aucun signe douloureux, à aucune gêne fonctionnelle. La pression sur les trochanters n’est nullement douloureuse, ni au pli de l’aine oii la douieurest si marquée, ni sur tous les autres points qui entourent la capsule.

Le reste de l’état local et général est peu important à noter. Apyrexie complète. L’appétit, le sommeil sont bons; le ventre est un peu flasque ; néanmoins les fonctions digestives se font sans embarras.

Observation XIX.

Sacro-coxalgie du côté gauche consécutive à une chute. (Observation recueillie par M. Denis, interne du service de M. L. Lefort.) (Inédite.)

Jules Salins, 36 ans, peintre en bâtiment, entré le 25 décembre 1871 à l’hôpital Lariboisière, salle Saint-Ferdinand, n° 10 (service de M. Lefort).

Cet homme est d’une bonne constitution et n’a jamais eu de maladies antérieures. Il a fait une chute de sa hauteur sur des plâtras, et à la suite de cet accident, il entre à l’hôpital pour des douleurs dans la fesse gauche. Repos au lit.

Le 1er janvier 1872. Pas de fièvre. Saillie notable à la partie supérieure de la cuisse gauche. Douleur à ce niveau, par la pression et par le choc sur le talon. Mouvements de la cuisse faciles.

On lui applique des ventouses scarifiées, puis on l’immobilise complètement avec une attelle de fil de fer en T comprenant le bassin et tout le membre gauche.

Le 25 janvier, les douleurs sont plus vives et toujours localisées en arrière, autour de l’articulation sacro-iliaque oü se voit un certain empâtement profond et un léger œdème de la peau. Articulation coxofémorale libre. Pointes de feu. Bon état général.

Le 27 février, la douleur persiste, mais tout empâtement a disparu ; les saillies osseuses sont appréciables. Pointes de feu, appareil silicaté comprenant le bassin et la cuisse malade.

Les douleurs avaient cessé le 4 mars ; mais elles reviennent le 8 mars et le 13 elles sont vives dans la fesse, surtout pendant la nuit. On retire l’appareil.

Le 28 mars, on trouve dans l’aine une saillie qui se continue dans la fosse iliaque interne. Les douleurs, vives à ce niveau, s'irradient dans le cordon. Etat général bon.

1er avril. Le malade est placé dans une gouttière de Bonnet.

Le 3. Les douleurs sont les mêmes dans la fosse iliaque gauche. Le malade a eu quelques frissons depuis deux jours.

Le 9. L’empâtement augmente avec la douleur. Pas de sommeil. Elancements dans la tumeur iliaque.

Le 27. La douleur et l’empâtement ont presque disparu. Le malade ne souffre que dans les efforts.

Le 1er juin. Bon état général. La douleur est un peu revenue dans la fosse iliaque gauche.

Le 26. La douleur est plus vive depuis quelques jours, au niveau de l’articulation sacro-iliaque en arrière où se voit un empâtement notable de consistance fongueuse. La douleur s’irradie le long du nerf crural. Sommeil impossible. On peut encore amener la cuisse à angle droit avec le bassin. Le malade est maintenu dans la gouttière de Bonnet. Il éprouve toujours des douleurs profondes dans la fosse iliaque interne.

Observation XX.

Sacro-coxalgie gauche, suppuréc. (Observation recueillie par M. Carré, externe du service de M. Broca). — Inédite.

Joséphine-Marie Rose, négresse originaire d’Afrique, âgée de 36 ans, est entrée à l’hôpital des Cliniques, le 23 avril 1872.

Elle est malade depuis quatre mois. Avant le mois de janvier 1872 elle se portait bien et n’avait fait aucune maladie. Son arrivée en Europe date de 1857 et depuis cette époque elle habite Paris où elle est placée comme cuisinière.

Elle ne porte pas de cicatrices scrofuleuses ni de ganglions engorgés.

La poitrine présente quelques signes de tuberculisation; submatité aux deux sommets; à droite, dans la fosse sous-épineuse retentissement de la voix; respiration diminuée.

Sueurs nocturnes. — Les fonctions digestives s’accomplissent avec régularité.

Lors de son entrée à l’hôpital, elle présente une tumeur dans la fosse iliaque externe gauche, un peu en haut et en dedans. Cette tumeur est molle, fluctuante, irréductible, située assez profondément. La contraction du muscle grand fessier la rend plus dure, plus aplatie et moins fluctuante.

Cette tumeur est apparue il y a quelques mois. La malade souffrait en marchant et ne pouvait s’appuyer sur la jambe gauche depuis le mois de janvier. Elle a fait une chute vers cette époqueet s'est aperçue quelque temps après de l’existence de la tumeur.

Elle consulta un médecin qui crut à une coxalgie et fit appliquer des vésicatoires, des deux côtés au niveau de l’échancrure sciatique, car les douleurs s’irradiaient aux deux membres.

Au moment de l’entrée de la malade à l’hôpital, la tumeur fait un reliqf assez considérable, du volume d’une orange. U y a un certain degré de claudication. L’articulation coxo-fémorale est saine; les mouvements communiqués au membre sont faciles, non douloureux et celui-ci n’a pas subi d’atrophie. Cependant quand la malade se tient debout, l’attitude rappelle celle de la coxalgie; elle s’appuie davantage sur le membre droit et le bassin se trouve dévié.

L’exploration de l’articulation de la hanche ne laissant aucun doute sur son intégrité, et la douleur étant parfaitement localisée au niveau de l’articulation sacro-iliaque oü la pression la réveille, M. Broca diagnostique une sacro-coxalgie, et rattache l’abcès sous-musculaire à la lésion de l’articulation.

Deux ponctions successives ont été faites. La première a donné loO grammes de pus ; la seconde, à peu près la même quantité.

A la suite de cette dernière, la tumeur s’est remplie de nouveau. Elle mesure aujourd’hui 23 cent, dans le sens transversal et 17 cent, dans le sens vertical. Inférieurement et vers la partie interne elle est devenue dure et résistante.

Page 1