DÉFINITION
La sacro-coxalgie est, dans son acception la plus rigoureuse, la tumeur blanche de l’articulation sacro-coxale ou sacro-iliaque.
Elle est, pour cette articulation, ce qu’est la coxalgie pour l’articulation coxo-fémorale, c’est-à-dire un ensemble de lé-
sions complexes portant sur les cartilages, les ligaments et les os, se développant, le plus souvent, sous Tinfluence d’une cause interne et affectant ordinairement une marche chronique.
Si l’on s’en tenait à l’étymologie, la sacro-coxalgie devrait comprendre toutes les affections douloureuses de l’articulation sacro-iliaque, ce qui serait contraire au sens que l’on attribue d’habitude à ce mot. Il y a certainement des cas dans lesquels l’articulation sacro-iliaque est passagèrement affectée, sans qu’on puisse dire, pour cela, qu’il y a sacro-coxalgie. D’autre part, si l’on attachait une importance exagérée à cette idée que la sacro-coxalgie appartient à la classe des tumeurs blanches, et que celles-ci supposentnécessairementl’existence de lésions graves des parties constituantes de l’articulation, on arriverait à refuser ce nom à des affections qui sont en réalité des sacro-coxalgies au début, et que le repos, un traitement approprié ou toute autre cause, ont arrêtées dans leur développement.
Nous croyons donc que parmi les affections inflammatoires de l’articulation sacro-iliaque, il n’y a que les arthrites aiguës succédant à un traumatisme considérable, à une fièvre puerpérale ou à une infection purulente qui doivent être rejetées de la classe des sacro-coxalgies.
Il ne faut pas oublier, d’ailleurs, que les lésions articulaires, ainsi que l’ont montré Lugol et M. Bazin, alors même qu’elles se développent à la suite d’un traumatisme léger ou d’une autre cause occasionnelle, sont presque toujours sous la dépendance d’une diathèse. Le plus souvent il s’agit de la scrofule, et la cause extérieure n’a été que le prétexte. Il faut, en un mot, dans cette classe d’affections, toujours tenir compte de la question de terrain.