FRÉQUENCE
Si l’on considère le petit nombre de travaux dont la sacrocoxalgie a été l’objet, on doit être porté à penser que c’est une affection singulièrement rare.
Cette conclusion, cependant, ne nous paraît pas exacte. Sans doute, la fréquence de la sacro-coxalgie n’est en rien comparable à celle de la coxalgie ; mais la première de ces affections s’offre encore de temps en temps à l’observation, et si les chirurgiens qui ont précédé notre époque n’en ont pas plus souvent parlé, c’est que, le plus ordinairement, ils l’ont méconnue.
Il est impossible d’exprimer par des chiffres le degré de fréquence de la sacro-coxalgie. Crocq, sur 140 cas de tumeurs blanches des différentes articulations, n’a noté qu’un cas de sacro-coxalgie, contre 43 cas de coxalgie. Mais ces chiffres portent sur un nombre relativement trop peu considérable de tumeurs blanches.
Erichsen, qui en a observé 5 cas, 3 à l’hôpital et 2 dans sa pratique particulière, la considère comme une maladie comparativement rare.
D’autres observateurs, M. Gosselin, M. H. Larrey paraissent, d’autre part, l’avoir rencontrée un assez grand nombre de fois.
Pour entreprendre un travail vraiment sérieux de statistique sur ce sujet, il faudrait avoir recueilli non-seulement un certain nombre de cas de sacro-coxalgie, mais pouvoir en comparer le chiffre au chiffre total des cas de tumeurs blanches des autres articulations qui se seraient présentés dans le même, temps, dans la pratique des hôpitaux et dans celle de la ville.
Delens.
Ce travail, fût-il exécuté, serait encore d’une utilité plus théorique que réelle.
Nous pensons donner une idée suffisamment exacte du degré de fréquence de l’affection en disant que, dans le cours de ce travail, nous avons eu connaissance de quatre cas, au moins, de sacro-coxalgie bien constatée, actuellement en traitement dans les divers services des hôpitaux de Paris.
Quant au nombre total des observations que nous avons consultées, nous n’essaierons pas de l’indiquer, non pas qu’il soit très-considérable, mais parce que certaines de ces observations nous laissent des doutes sur l’exactitude du diagnostic et que, d’autre part, un bon nombre de faits positifs indiqués par les auteurs n’ont pas été publiés et ne sauraient figurer dans une statistique régulière.