CHAPITRE XXIX
Contre la tristesse.
Sommaire. — Il y a deux remèdes contre la tristesse, l'un direct qui consiste à braver tous les maux, comme faisaient les Stoïciens; etc.; Tautre oÂ/Z^î/e, qui consiste à chercher dans les affaires, les études, etc., quelque distraction aux chagrins qui nous obsèdent.
Exemples : les Stoïciens , les Péripaté^iciens et les Platoniciens ; les médecins , les martyrs , les disciples d'Hégésias , Socrate , Flavius.
l^ES remèdes contre la tristesse (descrite cy-dessus pour la plus fascheuse dommageable et injuste passion) sont doubles : les uns sont droicts , les autres sont obliques. J'appelle les droicts ceux que la philosophie enseigne, et qui consiste à regarder ferme et affronter les maux et les desdaigner, ne les estimant point maux, ou si petits et légers (encores qu'ils sojent grands et pressans), qu'ils ne sont dignes que nostre esprit s'en esmeuve et s'en altère , et que s'en plaindre et contrister, c'est une chose injuste et messeante : ainsi parlent les Stoïciens, Peripateticiens et Platoniciens. Cette manière de se préserver de tristesse et toute passion douloureuse est très belle et