‹ De la sagesse (volume 2)Chapitre 152 sur 164 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Ayant appris et entendu les diuerses plaintes que Ion faisoit contre mon Liure de Sagesse, n'agueres mis en lumière, i'ay trouue' que les vnes partoient de foiblesse d'esprits plats et populaires , qui s'offensent non seulement de ce qu'il heurte les opinions communes; mais encores de son style libre et hardy, langage brusque et masle : ie l'auois bien preueu et dit en ma Préface, jugeant qu'il ne pouuoit arriuer autrement, d'autant que la Sagesse n'estant commune ny populaire, et venant à descrier et condamner d'autborité, et iure suo singulari, les opinions communes et populaires , comme la pluspart erronées, ne peut qu'elle n'encoure la malgrace et l'enuie du monde : tellement que ce Liure n'est point pour le commun et bas étage : et s'il eust esté populairement receu et accepté, il se fust trouué bien descheu de ses pretensions. D'autres viennent de ne m'entendre pas bien, ou feindre de ne m'entendre (car ie ne veux pas toucher s'il y a de la passion et malice meslée parmy) et de prendre les cboses autrement, en autre sens et d'autre main que

o5o PETIT TRAICTÉ

ie ne les doiine, rapportant au droict et deuulr ce qui est du faict, au faire ce qui est du iuger, h resolution et détermination ce qui n'est que proposé, secoué et disputé problematiquement et academiquement ; à raoy et mes propres opinions , ce qui est d'autruy et par rapport; à Testât, profession et condition extierne, ce qui est de l'esprit et suffisance intérieure; à la Religion et créance diuine, ce qui est de l'opinion humaine ; à la grâce et opération surnaturelle, ce qui est delà vertu et action naturelle et morale. Ce sont sept mcscontes que i'ay remarqué en leurs plaintes, dont ie lîie plains. Or pour Icsvns et les autres qui s'offensent de ce Liure, (car plusieurs y en a qui iugent bien autrement , et de leur grâce le reçoiuent et l'hébergent liuraaineraent) i'ay pris resolution de le reuoir, expliquer et addoucir en plusieurs endroits; ce qu'ayant fait, et estant prest de le mettre au iour, ie me suis aduisé de dresser ce petit Traicté, contenant vn sommaire de ce Liure, vne briefue et générale peinture de Sagesse, et déclaration de mon intention, lequel serue et de préface audit Liure, et d'aduertissement audit Lecteur, et qui en tout cas, comme plus portatif et aysé , peut seruir à ceux qui ne voudroient prendre la peine, et employer leur loysir à lire tout le Liure plus gros et importun.

DE SAGESSE. sGî

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