‹ De la sagesse (volume 2)Chapitre 39 sur 164 · LIVRE m, CHAPITRE XïII · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XïII

s'il y a moyen, l'on advisera à ces trois autres, (mais les sages ne s'en donneront pas grand peine : non ampliter sed munditer convivium; — plus salis qmm suinptûs ^. ) abondance , pompe et parade, exquise et riche façon. Le contraire se practique souvent aux bonnes maisons, où y aura licts garnis de soye, pourfilés d'or, et n'y aura qu'une couverture simple en hyver sans aucune commodité de ce qui est le plus nécessaire. Ainsi de tout le reste.

Reigler sa despense , ce qui se faict en ostant la superflue, sans faillira la nécessité, debvoir et bienséance : un ducat en la bourse faict plus d'honneur que dix mal despendus ■', disoit quelqu'un. Puis, mais c'est l'industrie et la suffisance , faire mesrae despense à moindre frais, et surtout ne despendre jamais sur le gain advenir et espéré.

Avoir le soing et l'œil sur tout: la vigilance et présence du maistre, dit le proverbe, engraisse le cheval et la terre. Mais pour le moins le maistre et la maistresse doibvent celer leur ignorance et insuffisance

^ « Ils veulent, dans un festin, plus de propreté que d'abondance , — plus d'assaisonnement que de faste ». Les derniers mots sont pris dans Cornélius-Népos , Vie de Pomponius-Atticus , c. XIII ; les premiers sont tirés d'un ancien poète cité dans le Traité du grammairien Nonius-Marcell us. — Montaigne, loc. citât. ^ rapporte de la même manière ce passage. Voyez mon édition des Essais , t. v, p. 338.

7 Mal dépensés.

aux affaires de la maison, et encores plus leur nonchalance, faisant mine de s'y entendre et d'y penser; car si les ofticiers et valets croyent que l'on ne s'en soucie, ils en feront de belles.

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