‹ De la sagesse (volume 2)Chapitre 45 sur 164 · LIVRE III, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XIV

dispute. Cette ame donc toute neuve et blanche , tendre et molle , reçoit fort aisément le ply et l'impression que l'on luy veut donner, et puis ne le perd aisément ' ^.

Or ce n'est pas petite besongne que cette-cy, et ose-t-on dire la plus difficile et importante qui soit. Qui ne voit qu'en un estât tout dépend de là ? Toutesfois (et c'est la plus notable, pernicieuse, fascheuse et déplorable faulte qui soit en nos polices , remarquée par Aristote et Plutarque '') nous voyons que la conduicte et discipline de la jeunesse est de tous abandonnée à la charge et mercy des parens, qui qu'ils soient *'^ , souvent nonchalans, fols, nleschans, et le public n'y veille, ny ne s'en soucie point, et pourquoy tout va mal. Presque les seules polices , Lacedemonienne et Cretence ^^^ ont commis aux loix la discipline de l'enfance. La plus belle discipline du monde pour la jeunesse estoit la Spartaine, dont Agesilaus

•^ Altius prœcepta descendunf, qua, teneris imprimuntur

œtatibus. Senec. Consolât, ad Hehiam , cap. xvi.

Horace a dit dans le même sens :

Ouo semel est imbuta recens servabit odorem

Testa diii.

Epist. II , L. I , V. 69.

'7 Aristole; Politique^ L. V, c. ix , et Eihi, ad Nîcumac.

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