L. X , c. IX. — Plutarque , Fie de Lycurgue
*^^ Quels qu'ils soient.
*'9 Cretence pour Cretoise, de Crète : du latin Cretensis.
convioit Xenophon à y envoyer ses enfans, car l'on y apprend, dict-il, la plus belle science du monde, qui est de bien commander et de bien obeyr, et où l'on forge les bons législateurs, empereurs d'armes, magistrats, citoyens ^°. Ils avoient cette jeunesse et leur instruction en recommandation sur toutes choses, dont Antipater leur demandant cinquante enfans pour ostages , ils dirent qu'ils aymoient mieux donner deux fois autant d'hommes faicts ^\ ^
Or avant entrer en cette matière, je veux donner icy un advertissement de poids. Il y en a qui travaillent fort à descouvrir leurs inclinations , et à quoy ils seront propres. Mais c'est chose si tendre, obscure et incertaine, qu'à chasqoie fois l'on se trouve trompé après avoir fort despendu *^^ et travaillé. Parquoy sans s'arrester à ces foibles et légères divinations et prognostiques tirées des mouvemens de leur enfance, il faut leur donner une instruction universellement bonne et utile, par laquelle ils deviennent capables, prests et disposés à tout. C'est travailler à l'asseuré , et faire ce qu'il faut tousjours faire : ce sera une teincture bonne à recevoir toutes les autres.
Pour entrer maintenant en cette matière, nous la pourrons rapporter à trois poincts, former l'esprit,
^° Plutarque, Vie d'Agésilas.
""' Id. Dits des Lacédémoniens, *'' Dépensé.