LIVRE III, CHAPITRE XIV
dict) à la teste, et les faict devenir sots ou fols, selon que disoit le roy Agrippa à sainct Paul , muliae te literae adinsaniatn adducunt ^^. Il y a force gens, que s'ils n'eussent jamais esté au collège, ils seroient plus sages : et leurs frères qui n'ont point estudie' sont plus sages. Ut meliiis fuisset non didiclsse ; — nam postcjuam docti prodîerunt^ boni desunt^^. Venez à la practique , prenez-moy un de ces sçavantaux, menez-le-moy au conseil de ville en une assemblée en laquelle l'on délibère des affaires d'estat, ou de la police, ou de la mesnagerie, vous ne vistes jamais homme plus estonné. Ilpallira, rougira, blesmira, toussira*^°; mais enfin il ne sçait qu'il doibt faire. S'il se mesle de parler, ce seront de longs discours, des définitions, divisions d'Aristote, ergo gluq*^'. Escoutez en ce mesme conseil un marchand, un bourgeois, qui n'a
5* « Votre grand savoir vous mène à la folle. » — Actes des Apôtres^ c. xxvi , f. :ili..
59 « Qu'il eut bien mieux valu ne rien savoir! -^- Quand les savans abondent, on ne trouve plus de gens de bien. « Cicéron , dans les Tusculanes. L. II, c. iv. — Sénèque, ep. xcv.
"^^^ Toussera.
■*'^' On disait proverbialement ergo gluc , à ceux qui faisaient de grands raisonnemens qui ne concluaient rien. On sait que ergo est une conjonction latine qui signifie donc ^ et qu'on emploie pour la conclusion d'un argument; mais il est difficile de savoir d'où vient le mot gluc ou glu qu'on y joint par raillerie.