‹ De la sagesse (volume 2)Chapitre 87 sur 164 · LIVRE III, CHAPITRE XVII. i · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XVII. i

ïaut deux choses, preud'hommie et courage. Le premiera besoin^ du second. Le premier gardera le magistrat net d'avarice, d'acception des personnes, des presens , qui est la peste et le bannissement de la vérité , acceptatio muneruin praevaricniio est veritatis ' '^ ; de corruption de la justice, que Platon appelle vierge sacrée '^ : aussi des passions de bayiie, d'amour, et autres, toutes enhemyes de droicture et équité. Mais pour tenir bon contre les menaces des grands, les prières importunes des amjs, les cris et pleurs des misérables , qui sont tentes choses violentes , toutesfois avec quelque couleur de raison et justice, et qui emportent souvent les plus asseurés, il faut du courage. C'est une principale qualité et vertu du magistrat, que la constance ferme et inflexible, afin de ne craindre les grands et puissans, et ne s'amollira la misère d'autruy, et encores que cela aye quelque espèce de boîité; mais il est deffendu d'avoir pitié du povre en jugement '*".

•'^ « Accepter des présens , c'est consenlir à fermer T oreille à la vérité ». Ce passage est imité de V Ecclésiastique , c. XX, V. 3i ; on y lit : Xenia et dona eocccBcant oculos judiciun , et , quasi miitus , in ore avertît coireptiones eorum.

'5 Voyez Lois de Platon, L, Xîî.

'6 Voyez XcLéQÎtique, c. XIX, j;. ï5, &\.V Exode ■, c.XSllI, j|r. 3 : Pau péri s quoqiie non miserehevis in judlcio.

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