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CHAPITRE XXIII

De l amour charnel.

Sommaire. — L'amour charnel est une passion forte , naturelle et commune. Nous l'appelons honteuse, et honteuses

* C'est le vingt-quatrième de la première édition.

les parties qui y servent. Elle n'est honteuse ni vicieuse , elle ne le devient que par les abus et les maux qu'elle entraîne.

Exemple : Alexandre.

Ij'est une fièvre et furieuse passion que l'amour charnel , et très dangereuse à qui s'y laisse transporter ; car où en est-il ? il n'est plus à soy ; son corps aura mille peines à chercher le plaisir; son esprit mille géhennes à servir son désir ; le désir croissant deviendra fureur : comme elle est naturelle , aussi estelle violente et commune à tous , dont en son action elle esgale et apparie les fols et les sages , les hommes y.km*.If.fZ. et les bestes : elle abestist et abrutist toute la sagesse, resolution , prudence , contemplation et toute operation de l'ame. De là Alexandre cognoissoit qu'il estoit mortel, comme aussi du dormir, car tous deux suppriment les facultés de l'ame.

La philosophie se mesle et parle librement de toutes choses pour en trouver les causes, les juger etreigler, , si faict bien la théologie , qui est encores plus pudique

et retenue. Pourquoy non, puisque tout est de sa jurisdiction et cognoissanee ? Le soleil esclaire sur les fumiers sans en rien tenir ou sentir : s'effaroucher ou s'offenser des paroles, est preuve de grande foiblesse, ou d'estre touché de la maladie. Cecy soit dict pour ce qui suit , et autres pareils s'il y en a. Nature d'une

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