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CHAPITRE XXVI

De la Cholere.

Sommaire. — La colère est une folle passion , une courir rage. Ses causes sont la faiblesse d'esprit. Ses signes et ses symptômes sont manifestes. Ses effets sont souvent bien lamentables.

Exemples : Pison. — ■ Alexandre. — Pythagore.

JLa cholere est une folle passion qui nous pousse entièrement hors de nous , et qui , cherchant le moyen de repousser le mal qui nous menace , ou qui nous a

* C'est le vingt-septième chapitre dé"}? première édition»

desja atteinct, faict bouillir le sang en nostre cœur, et levé des furieuses vapeurs en nostre esprit , qui nous aveuglent et nous précipitent à tout ce qui peust contenter le désir que nous avons de nous venger. C'est une courte rage , un chemin à la manie ; par sa prompte impétuosité et violence , elle emporte et surmonte toutes passions : repentina et universa vis ejus est ï .

Les causes qui disposent à la cholere , sont foiblesse d'esprit , comme nous voyons par expérience les femmes , vieillards, enfans malades, estre plus choleres. Invalidant omne naturâ auerulum est2. L'on se trompe de penser qu'il y a du courage où y a de la violence ; les mouvemens violens ressemblent aux efforts des enfans et des vieillards , qui courent quand ils pensent cheminer ; il n'y a rien si foible qu'un mouvement desreiglé , c'est lascheté et foiblesse que se cholerer. Maladie d'esprit qui le rend tendre et facile aux coups , comme les parties ulcérées au corps , où la santé intéressée s'estonne et blesse de peu de chose : nusauam sine querelâ aegra tanguntur 3; la perte d'un denier , ou l'omission d'un gain , met en cholere un avare ; un rire , ou regard de sa femme , courrouce

1 te Sa violence est soudaine et universelle ». Sen. de ira.

2 « Tout ce qui est faible , est naturellement porté à se plaindre ». Id. ibid.

3 « On ne touche pas une partie malade sans exciter des plaintes ». $•*)• , 22Xt Jfi .

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