‹ De la sagesseChapitre 138 sur 280 · LIVRE I, CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XXXV

profict; en ce faisant il se forme à l'innocence, simplicité, liberté' et douceur naturelle , qui reluit aux bestes, et est toute altérée et corrompue en nous par nos artificielles inventions et desbauches, abusant de ce que nous disons avoir pardessus elles, qui est l'esprit et jugement. Et Dieu tant souvent nous renvoyé à l'eschole et à l'exemple des bestes, du milan, la cicogne, l'arondelle, tourterelle , la fourmy, le bœuf et l'asne, et tant d'autres. Au reste, il faut se souvenir qu'il y a quelque commerce entre les bestes et nous, quelque relation et obligation mutuelle, ne fust-ce que parce qu'elles sont à un mesme maistre , et de mesnie famille que nous; il est indigne d'user de cruauté envers elles : nous devons la justice aux hommes, la grâce et la bénignité envers les autres créatures qui en sont capables 25.

25 Cette dernière phrase est tirée textuellement de Montaigne. Voyez le chapitre XI du liv. H ; page 4-74- de notre édition.

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