‹ De la sagesseChapitre 189 sur 280 · LIVRE I, CHAPITRE XLII. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XLII. 3i

lors il n'est plus besoing de regimber et s'en enquérir, mais simplement croire : le plus grand et puissant moyen de persuader, et la meilleure touche de vérité', c'est la multitude des ans et des croyans : 0%, les fols surpassent de tant les sages : sanitatis patrocinium est insanientium turba^2. C'est chose difficile de resouldre son jugement contre les opinions communes. Tout ce dessus se peust cognoistre par tant d'impostures, badinages, que nous avons veu naistre comme miracles, et ravir tout le monde en admiration, mais incontinent estouffés par quelque accident, ou par l'exacte recherche des clair-voyans , qui ont esclairé de près et descouvert la fourbe , que s'ils eussent eu encores du temps pour se me u~r et fortifier en nature, c'estoit faict pour jamais. Ils eussent esté re~ ceus et adorés généralement. Ainsi en est-il de tant d'autres qui ont (faveur de fortune) passe' et gagné la créance publicque, à laquelle puis on s'accommode sans aller recognoistre la chose au gitte et en son origine : nusquam ad, liauidum fama perducitur^ . Tant de sortes de religions au monde , tant de façons superstitieuses, qui sont encores mesmes dedans la chres-

32 « La multitude des fous est si grande, que la sagesse est obligée de se mettre sous leur protection ». St. -Augustin , de Civ. Dei. L. vi , cap 10.

33 « Nulle part les bruits qui courent ne sont bien éclaircis ». Quinti-Curt. L. IV , cap. 2..

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tienté, demourées du paganisme, et dont on n'a peu du tout sevrer les peuples34. -Par tout ce discours nous voyons à quoy nous en sommes, puisque nous sommes menés par tels guides.

3^ C'est ce qu'on peut voir démontré dans le livre des Conformités des Cérémonies des Payens avec celles de l'Eglise romaine.

C1NQUIESME ET DEPvNIERE CONSIDERATION

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