LIVRE I, CHAPITRE LI. 38q
Finalement il advient souvent qu'ils font une fin totalement misérable , non seulement -les tyrans et usurpateurs, cela leur appartient, mais encores les vrais titulaires35; tesmoins tant d'empereurs romains après Pompée le grand et César, et de nos jours Marie, Pioyne d'Escosse, passée par main de boureau, et Henry troisiesme assassiné36, au milieu de quarante mille hommes armés, par un petit moyne, et mille tels exemples. Il semble que comme les orages et tempestes se piquent contre l'orgueil et hauteur de nos bastimens , il y aye aussi des esprits envieux des grandeurs de ça bas :
Usque adeô res humanas vis abdita qusedam Obterit, et pulchros fasces ssevasque secures Proculcare, ac ludibrio sibi habere videtur 37.
Bref, la condition des souverains est dure et dangereuse : leur vie pour estre innocente est infiniment laborieuse; si elle est meschante ils sont à la hayne et mesdisance du monde; et en tous les deux cas ils
3o C'est l'idée que Juvénal a exprimée dans ces vers de ia dixième satyre, v. 112 :
Ad generum Cereris sine cœde et vulnere pauci Descendant reges, et siccâ morte tyranrd.
36 Le icr. août i58g, par le jacobin Jacques Clément
37 « Tant il est vrai qu'il y a une puissance secrète qui semble se jouer des choses humaines , et qui foule aux pieds les superbes faisceaux et les haches cruelles des licteurs ! Lucret, L. v, v. 1232.
3go DE LA SAGESSE,
sont exposés à mille dangers; car plus grand est le seigneur, et moins se peust-il fier, et plus luy faut-il se fier : voilà pourquoy c'est chose comme annexée à la souveraineté d'estre trahye.
De leur debvoir au liv. III, chap. XVI.