LIVRE I, CHAPITPxE IV. r
mater. D'iceluy sortent et dérivent tous les nerfs et la mouelle qui descend et découle au long de l'espine du dos. Ce cerveau est le siège de Famé raisonnable, la source de sentiment et mouvement, et des très nobles esprits animaux , faits des esprits vitaux , lesquels montés du cœur par les artères au cerveau , sont cuits, recuits, elabourés et subtilisés par le moyen d'une multiplicité de petites et subtiles artères , comme filets diversement tissues*2, repliées, entrelassées par plusieurs tours et retours , comme un labyrinthe et double retz , rete mirabile , dedans lequel cet esprit vital estant retenu, séjournant, passant et repassant souvent, s'affine, subtilise et perfectionne, et devient animal , spirituel en souverain et dernier degré.
Les externes et patentes. Si elles sont singulières, sont au milieu , comme le nez , qui sert à la respiration, odorat et consolation du cerveau, et à la descharge d'iceluy , tellement que par luy l'air entre et sort, et en bas aux poulmons, et en haut au cerveau, La bouche qui sert au manger et au parler, dont elle est de plusieurs pièces, qui servent à ces deux : au dehors des lettres , au dedans de la langue extrêmement soupple, qui juge des saveurs : des dens pour mouldre et briser les morceaux : le nombril, les deux sentines et voyes de descharge.
Si elles sont doubles et pareilles, sont collatérales
*2 Tissues diversement comme filets,
<s8 DE LA SAGESSE,
etesgales , comme les àeuxyeux, plantés au plus haut estage, comme sentinelles, composés de plusieurs et diverses pièces, trois humeurs, sept tuniques, sept muscles 3 , diverses couleurs avec beaucoup de façon et d'artifice. Ce sont les premières et plus nobles pièces externes du corps , en beauté , utilité , mobilité, activité, mesmes au fait d'amour, «s ?<W, «ç épiâv>jv4, sont au visage ce que le visage est au corps, sont la face de la face, et pource qu'ils sont tendres, délicats et pretieux , ils sont munis et remparés de toutes parts, de pellicules, paulpieres, sourcils, cils et poils. Les oreilles en mesme hauteur que les yeux, comme les escoutes du corps, portières de l'esprit, receveurs et juges des sons qui montent tousjours : elles ont leurs advenues et entrées obliques et tortueuses , affin que l'air et le son n'entrassent tout à coup , dont le sens de Fouye en pourroit estre blessé, et n'en pourroit si bien juger. Les bras et mains , ou-
3 Ce nombre sept tient à des allégories anciennes , plutôt qu'à la réalité. Il en est de même de ce que l'auteur dit, d'après les croyances populaires de son tems , des boyaux distingués par six différences et six noms, égalant sept fois la longueur de l'homme , et de la longueur de l'homme qui égale sept J'ois la longueur du pied. — On sent bien que tout cela n'est pas rigoureusement vrai , et que ce sont des approximations en nombres ronds et symboliques.
4 « Dès que je le vis , quel trouble s'éleva dans mon ame ! » Théoc Idyl. n, y. 82.