‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 121 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE XXXL ao · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXXL ao

flîger soy-mesme, sans rien ravaller de la justice et dignité ; l'autre est une sotte et féminine pitié passionnée, qui vient de mollesse et foiblesse d^ame, de laquelle a esté parlé aux passions cy-dessus \ Contre icelle la sagesse apprend de secourir l'affligé, mais non pas de fléchir et compatir avec luy. Ainsi est dict Dieu miséricordieux. Comme le médecin à son patient, l'advocat à sa partie apportent toute diligence et industrie , mais ne se donnent au cueur de leurs maux et affaires : ainsi le sage faict sans accepter la douleur et noircir son esprit de sa fumée. Dieu commande d'avoir soing et aydcr aux povres , prendre leur cause en main ; ailleurs il deffend d'avoir pitié du povre en jugement ^.

' L. I , eh. xxxi. — Il y a dans Sénèque , au sujet de ces deux sortes de compassion , un très-beau passage d^où Charron paratt avoir pris seulement quelques idées tant dans ce chapitre , que dans celui du livre premier de la Sagesse. — Voyez Sén. de Clementia, c. v et vi.

* Voyez le Lévitique, chap. xix, ^ iB.

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