CHAPITRE XXXl
Contre la tholere.
Sommaire. — Le premier des remèdes contre la colère est de lui fermer toute avenue dans l'ame, et conséquemment d'éviter toutes les occasions de s'y livrer. Par exemple,
âo4 DE LA SAGESSE,
il ne faut pas croire trop légèrement ce qu^on nous rapporte, différer avant de se décider, etc. , etc.; un autre remède encore est de considérer les funestes résultats de la colère ^ et combien il est plus utile d^écouter les conseils de la clémence. — De toutes les colères , la plus dangereuse est celle qui se cache sous Fapparence de la modération. — Il n^est pas sans avantage de paraître quelquefois en colère : c^est le moyen de se Ëtîre obéir des inférieurs. En quelles occasions , il est permis de se livrer à un mouvement impétueux.
Exemples : Gotys; César; Agatocles et Antigone; César;
Moyse, David, Auguste.
IjES remèdes sont plusieurs et divers , desquels Tesprlt doibt estre avant la main armé et bien muni, comme ceux qui craignent d'estre assiégés, car après n'est pas temps. Ils se peuvent réduire à trois chefs : le premier est de couper chemin et fermer toutes les advenues à la cholere. 11 est bieia plus aysé de la repousser et luy fermer le premier pas , qu'en estant saisy s'y porter bien et reiglement. Il faut donc se deslivrer de toutes les causes et occasions de cholere , qui ont esté cy-devant deduictes en sa description ', savoir : i. foiblesse, mollesse; 2. maladie d'esprit, en endurcissant contre tout ce qui peut advenir; 3 délicatesse trop grande , amour de certaines choses , s'ac-
» L. I , ch. XXVI.