‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 128 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE XXXIV. aiS · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXXIV. aiS

diroît, vous en aurez autant à mesme prix , nous n'en Tondrions pas. Pour les avoir il faut flatter, endurer des afflictions, des injures, bref perdre sa liberté, complaire et s'accommoder aux voluptés et passions d'autruy. L'on n'a rien pour rien en ce monde. Penser arriver aux biens, honneurs, est^ts, offices autrement, et vouloir pervertir la loy ou bien la coustume du monde, c'est vouloir avoir le drap et l'argent. Pourquoy toy qui fais profession d'honneur et de vertu, te fasches-tu, si tu n'as ces biens-là qui ne s'acquièrent que par honteuse patience? Ayez donc plustost pitié des autres qu'envie. Si c'est un vray bien qui soit arrivé à autruy, nous nous en debvons resjouyr; car nous debvons désirer le bien les uns des autres : se plaire au bien d'autruy, c'est accroistre le sien.

Page 1