‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 2 sur 170 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

De r Amour ou Amitié.

Sommaire. — L'amitié' est Famé , la vie du monde. Elle unit le mari à la femme , les enCatnts aux pères , les frères aux frères y c'est la mère nourrice des sociétés humaines , conserçatrice des états et polices, — La nature , la vertu , Fintérét j le plaisir , telles sont les premières causes de Tamitié : celle que forme la vertu est la plus noble et la plus durable — Il y a divers degrés dans l'amitié : la bienveillance , la familiarité , l'intimité , etc. De là beaucoup d'amitiés communes , qui admettent des restrictions , des modifications dans le dévouement. L^amitié parfaite est bien rare : c'est Tunion , la confusion pleine , entière , universelle de deux âmes. Biens , honneurs « volonté , jugemens , pensées, dans cette amitié tout est commun. Il n'y a point là , comme dans les amitiés vulgaires , de bien&îts , ni d'obligations , de reconnaissances , ni de remerctmens.

Exemples : Blosins , ami de Tiberius Graccbus ; les trois amis , dont un riche et un pauvre chargé d'une vieille mère et d'une fille à marier. — Les deux amis dont l'un sert d'otage à l'autre condamné par un tyran.

Amitié est une flamme sacrëe allumée en nos poitrines premièrement par nature ', et a monstre sa pre-

' C'est ce que remarque Cicéron : c II y a naturellement y

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