‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 3 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VII

miere ardeur entre le mary et la femme, les parens et les enfans, les frères et sœurs; et puis se refroidissant a esté rallumée par art et invention des alliances, compagnies, frairiés, collèges et communautés. Mais pour ce qu'en tout cela estant divisée en plusieurs pièces elle s'affoiblissoit, et qu^elle estoit meslée et détrempée avec d^autres considérations utiles, commodes, délectables, pour se roidir et nourrir plus ardente , s^est ramassée toute en soy et raccourcie plus estroicte entre deux vrays amis. Et c'est la parfaicte amitié, qui est d'autant plus chaude et spirituelle que toute autre, comme le cueur est plus chaud que le foye et le sang des veines.

L'amitié est l'ame et la vie du monde, plus nécessaire, disent les sages ^, que le feu et Teau, amicitia necessitudo y amici necessariP : c'est le soleil, lebaston, le sel de nostre vie ; car sans icelle tout est ténèbres : et n'y a aucune joye, «oustien ny goust de vivre ^ :

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