C. XXVI
^7 ce II est d^un homme magnanime, d^une belle ame , dé se conduire avec Tingrat de manière à le forcer d^étre enfin reconnaissant : la constaote bonté triomphe de la méchan-* ceté. ]>-^ Senet. de henrf. L. VII , c. xxxi.
*** Annuité.
tion. Ud de nos Papes refusant à un Cardinal, -qaî le prioit peut-estre de chose injuste , et lui alléguant d^estre cause quMl estoit Pape, repondit bien, laisse moy donc estre Pape , et ne m'oste ce que tu m'as donné ^^.
Après ces reigles et advis de bien faire , il est à sçavoir qu'il y a des bienfaicts plus recevables et agréables les uns que les autres , et qui sont plus ou moins obligeans : ceux-là sont les mieux venus , qui sortent de main amie , de ceux que Ton est dispose d'aymer sans cette occasion : au contraire il est grief d'estre obligé à celuy qui ne plaist, et auquel on ne veut rien debvoir ^^. Ceux aussi qui viennent de la main de celuy qui y- est 'aucunement obligé ; car il y a de la justice, et obligent moins. Ceux qui sontfaicts en la nécessité et au grand besoing, ceux-cy ont une grande force ^* ; ils font oublier toutes les injures et offenses passées, s'il y en avait eu, et obligent fort ; comme au contraire le refus en telle saison est fort injurieux,
^9 Ce pape est Clément YIl ; et le cardinal à qui il fit cette réponse, est Pompée Colonna. Ce dernier mourut Tan i532. -^ Voyez le trait rapporté plus au long dans Meynier, Réponses libres aux demandes curieuses , p. 279. Bayle, Rem. B> de Tardcle Pompée Colonna , cite le passage de Meynier.
5o Graine tormentum est debere cui nolis. — Sence. de benef»
L» II , c. xviii.
^' Qui beneficiUm accipit, magis accipit quo magis indigei*
— Senec. de benef. L. III, c. xxxv.