LIVRE III, CHAPITRE XI. Bg
ficiwn reddit sine usurâ ^^ , ou à tout le moins Pesgale, avec toute démonstration que Ton estoit obligea mieux, fct que cecy n'est pas pour satisfaire à Tobligation, mais pour monstrer qu'on se recognoist obligé. 3. Que ce soit très volontiers et de bon cueur, ingraius est (jui meiu gratus est ^^ ; si ainsi il a esté donné : eodem animo beneficium debeiur quo datur; — errât si cuis beneficium Ubentiùs accipit , (juàm reddit ^^. 4- Si Timpuissance y est de le rendre par elTect, au moins la volonté y doibt estre , qui est la première et principale partie, et comme Tame tant du bienfaict que de la recognoissance : mais elle n'a point de ' tesmoin que soy-mesme; et faut recognoistre non seulement le bien reçen , mais encore celuy qui a esté offert, et qui pouvoit estre reçeu , c'est à dire , la volonté du bi«a(àcteur, qui est, comme a esté dict, le principal.
^^ « ir est ingrat quiconque s^acquitte d^un bienfait , sans y joindre un juste intérêt. » — Senec. Epist. LXXXI*
^^ ce C'est être ingrat que d^étre reconnaissant par crainte. » — Senec. de benef. L. IV, c. xviii.
^ «r Ce qui a été donné de bon cœur, de bon cœur il ûiut le rendre : — C'est une fatute de ne pas rendre d'aussi bonne grâce qu'on a reçu. » — Senec. de benef. L. I , cl.-— id. Epist LXXXI.
6o DE LA SAGESSE,
Seconde partie , qui est des debvoirs spéciaux de certains a certains, par certaine et spéciale obligation.
PREFACE
Ayant à parler des debvoirs spéciaux et particuliers, differens selon la diversité des personnes et de leurs estats , soient inégaux , comme supérieurs et inférieurs , ou égaux , nous commencerons par les mariés , qui sont mixtes, et tiennent de tous les deux, equalité et inequalité. Aussi faut-il premièrement parler de la justice et des debvoirs privés et domestiques , avant que des publics, car ils précèdent ; comme les familles et maisons sont premières que les republiques , dont la justice privée qui se rend en la famille, est Tirnage, la source et le modelle de la republique. Or ces debvoirs privés et domestiques sont trois , sçavoir entre le mary et la femme, les parens et les enfans, les maistres et serviteurs. Voylà toutes les parties d*une maison et famille, laquelle prend son fondement du mary et de la femme, qui en sont les maistres et autheurs. Parquoy premièrement des mariés.