‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 41 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XIV

jasques à ce qu'il sçache marcher et parler : la tierce, toute la jeunesse ; cette partie sera plus au long et serieasement traictée : la quatriesme est de leur affection, communication et comportement envers leurs enfans jk hommes Saiicts, touchant les biens, pensées, desseins.

La première, qui regarde la génération et portée au ventre, n'est pas estimée et observée avec telle diligence qu'elle doibt , combien qu'elle aye autant ou plus de part au bien et mal des enfans, tant de leur corps que de leurs esprits, que l'éducation et instruction après qu'ils sont nays et grandelets. C'est elle qui donne la subsistance, la trempe, le tempérament, le naturel : l'autre est artificielle et acquise; et s'il se commet faulte en cette première partie, la seconde ny la troisiesme ne la reparera pas, non plus que la feulte en h première concoction de l'estomach ne se rhabille pas en la seconde ny troisiesme. Nos hommes vont à Pestourdie à cet accouplage , poussés par la seule volupté et envie de se descharger de ce qui les chatouille et les presse: s'il en advient conception, c'est rencontre, c'est cas fortuit : personne n'y va d'aguet*', et avec telle délibération et disposition précédente, comme il faut, et que nature requiert. Puisque donc les hommes se font à l'advanture et à l'bazard, ce n'est merveille si tant rarement il s'en trouve

*^ En guettant le moment opportun.

p DE LA SAGESSE,

de beaux, bons, saîns, sages et bien. faîcts.(Voîcy donc bien briefvement selon la pbilosophie les advid particuliers sur celle première partie, c'est à dire, pour faire des enfans masles, sains, sages et advisés^ : car ce qui sert à Tune de ces choses , sert aux autresT) » I . L'homme s'accouplera de femme qui ne soit de vile, vilaine et lasche condition, ny de mauvaise et vicieuse composition corporelle?, 2. S'abstiendra de cette action et copulation sept ou huîct jours. 3. Durant lesquels se nourrissant de bonnes viandes plus chaudes et seiches qu'autrement, et qui se cuisent bien à l'estomâch. 4« Fasse exercice peu plus que médiocre. Tout cecy tend à ce que la semence soit bien cuicte et assaisonnée , chaude et seiche , propre à un tempérament masle, sain et sage. Les fayneans, lascifs, grands mangeurs, qui pour ce mal cuisent*^, ne font que filles ou hommes efféminés et lasches (comme

^ 11 parait que ceux qui sont condamnés au célibat par leur état , aiment à s^occuper des plaisirs du mariage , au moins en théorie. Outre Charron, qui , comme on voit, s'y connaît aussi bien que son père , je pourrais citer bien d^autres abbés qui ont écrit sur le même sujet ; entre autres un abbé Maury qui a fait desElémens de mathématiques, et un Art de faire des garçons, et Fabbé Quillet, à qui Ton doit un poème latin iatîtulé : CaUipœdia^ swe depulchrœ prolis lutbendœ ratione^ lequel est dédié à un cardinal, et a valu une abbaye à son auteur. E. J.

"^^ Qui pour cela digèrent mal , font de mauvaises digestions , maie coquunU

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