LIVRE III, CHAPITRE XIV
raconte Hippocrates des Scythes). 5. Et s'approche de sa partie advertie d'en faire tout de mesme , longtemps après le repas , c'est à dire le ventre vuide et à jeun (car le ventre plein ne faict rien qui vaille, pour l'esprit ny pour le corps , dont Diogenes reprocha à un jeune homme desbauchë que son père l'avoit plante estant yvre ^. Et la loy des Carthaginois est louée de Platon ', qui enjoinct s'abstenir de vin le jour qu'on s'approche de sa femme). 6. Et loing des mois de la femme, six ou sept jours devant, et autant ou plus après. 7. Et sur le poinct de la conception et rétention des semences, elle se tournant et ramassant du costé droict se tienne à recoy quelque temps. 8. Le-" quel reiglement touchant les viandes, et l'exercice se doîbt continuer par la mère durant le temps de la portée.
Pour venir au second poinct de cet office, après la naissance de l'enfant, ces quatre poincts s'obser^'e-. ront. ï. L'enfant sera lavé d'eau chaude et salée, pour rendre ensemble soupples et fermes les membres, essuyer et dessécher la chair et- le cerveau, affermir les nerfs, coustume très bonne d'Orient et des Juifs *. 2. La nourrisse, si elle est à choisir, soit jeune , de tempérament le moins froid et humide qu'il se pour-
* V. Plutarque; Comment il faut nourrir les enfans, part, iii 7 Dans le L. II des Z0/5, vers la fin.
• Voyez Ézéchîel , chap. xvi, ^. 4*
ra, nourrie à la peine, à coucher dur, manger peu, endurcie au froid et au chaud. J'ay dict, si elle est à choisir : car selon raison et tous les sages, ce doibt estre la mère , dont ils crient fort contre elle quand elle ne prend cette charge, y estant conviée et comme obligée par nature , qui luy appreste à ces fins le laict aux mammelles, par Texemple des bestes, par Tamour et jalousie qu^elle doibt avoir de ses petits, qui reçoivent un très grand dommage au changement de Taliment jà accoustumé en un estranger, et peut estre très mauvais et d^un tempérament tout contraire au premier; dont elles ne sont mères qu^à demy ^. Quod est hoc contra naturam iinperfectwn , ac dimidiaium matris genuSy peperisse, et statim a se abjecisse ; alaisse in utero sanguine suo nescio çidd quod non videret; non alere autem nunc suo lacté quod videai jam viventem, jam hominem , jam imUris officia implorantem ^'^P 3. La nourriture, outre la mammelle, soit laict de chèvre,
9 On voit que J.-J. Rousseau n^a fait que répéter, avec plus d'éloquence, ce que Charron avait dit sur Tavantage de l^allaitement des enfans par leurs propres mères.
"** " £st-il rien de plus contraire à la nature, qu'une mère, après avoir donné le jour à uii être qui faisait partie d'ellemême , le rejette aussitôt loin d^elle P Elle a nourri dans son sein un je ne sais quoi, qu'elle ne pouvait ni connaître ni voir , et elle ne le nourrit pas de son lait, lorsqu'elle le voit vivant, déjà homme, implorant ses secours !..*..i>*Âulu-Gelle, L. XII, chap. I.