‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 43 sur 170 · LIVRE III, CHAMTRE XÏV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAMTRE XÏV

on plustost beurre, plas subHIe et aërëe partie du laict, cuit avec miel et un peu de sel. Ce sont choses très propres pour le corps et pour IVsprit , par Tadvis de tous les sages ' ' et grands médecins Grecs et Hébreux. Butyrmn et mel comedet, ut sciât reprobare malum et eUgere bonum '^. La qualité du laict ou beurre est fort tempérée et de bonne nourriture 'jua siccité du miel et du sel consomme Thumidité trop grande du cerveau et le dispose àjaj.ag£ss(^4- L'enfant soit peu à peu accoustumé et endurcy à Pair, au chaud et au froid '^ ; et ne faut craindre en cela, veu qu'en septentrion ils lavent bien leurs enfans sortans du ventre de la mère en eau froide, et ne s'en trouvent pas mal ^^.

Les deux premières parties de l'office des parens ont tsié hientost expédiées : par où il apparoist que ceux ne sont vrays pères, qui n'apportent le soing, Taffection et la diligence à ces choses susdictes ; qui sont cause au occasion par nonchalance ou autrement, de la mort ou avortement de leurs enfans; qui les exposent estant nays, dont ils sont privés par les loix de la puissance paternelle. Et les enfans à la

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■■ Homère, J/iod!?, L, X. — Galîen, mulHs locis. '^ « Il mangera le beurre et le miel , afin qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien. * — Isaïe, c. vu, jr> i5. '3 Ceci est pris d'Aristote, Politiq. L. VII , c. xvii. '4 Id. ibid.

honte des parens demeurent esclaves de ceux qui les enlèvent et nourrissent, qui n'ont soîng dé les eslever et préserver du feu, de l'eau, et de tout encombre. La troisiesme partie, qui est de l'instruction, sera plus sérieusement traîctée. Sitost que cet enfant marchant et parlant commencera k remuer son ame avec le corps, et que les facultés d'icelle s'ouvriront et desvelopperont la mémoire, l'imagination, la ratiocination , qui sera à quatre ou cinq ans , il faut avoir un grand soing et attention à la bien former; car cette première teinture et liqueur, de laquelle sera imbue cette ame, aura une très grande puissance. II. ne se peut dire combien peut cette première impression et formation de la jeunesse, jusques à vaincre la nature mesme : nourriture, dict-on, passe nature. Lycurgue fe fit voir à tout le monde par deux petits chiens de mesme ventrée, mais diversement nourris, produicts en public ; auxquels ayant présenté des souppes, et un petit lièvre, le nourry mollement en la maison , s'arresta à la souppe ; et le nourry à la chasse quittant la souppe, courut après le lièvre *^. La force de cette instruction vient de ce qu'elle y entre facilement et difficilement sort. Car y entrant la première y prend telle place et créance que l'on veut, n'y en ayant point d'autre précédente qui la luy conteste ou

"5 Voyez Plutarque , Comme»/ il faut nourrir les enfans; et aussi, les Dits des Lacédémoniens.

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