‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 58 sur 170 · LIVRE IH/CHJ^PtYft'ÏT XKV. loi · texte numérisé non relu

LIVRE IH/CHJ^PtYft'ÏT XKV. loi

pas faire comme les bouquetières, qui pîllôffçht|)ar . cy par là des fleurs toutes entières, et telles qu'elles- :\ sont les emportent pour faire des bouquets,' et puis Aes presens : ainsi font les mauvais estudians qui amassent des livres plusieurs bonnes choses, pour puis en faire parade et monstre aux autres : mais il faut faire comme les mouches à miel, qui n'emportent point les fleurs comme les bouquetières, mais s^asseans *^^ sur elles, comme si elles les convoient, en tirent Tesprit, la force, la vertu, la quintessence, et s'en nourrissent, en font substance , et puis en font de très bon et doux miel, qui est tout leur : ce n'est plus thym, ny marjolaine. Aussi faut-il tirer des livres la moelle, Tesprit, (sans s'assubjectir à retenir par cueur les mots, comme plusieurs font, moins encores à retenir le lieu, le livre, le chapitre; c'est une sotte et vaine superstition et vanité , qui faict perdre le principal ) et ayant succé et tiré le bon , en paistre son ame , en former son jugement , et instruire et reigler sa conscience et ses opinions , rectifier sa volonté, bref en faire un ouvrage tout sien , c'est à dire un honneste homme, sage, ad visé, résolu. Non ad pompant nec ad speciem , nec ut nomine magnifico sequi otium ve- Us, sed quo Jirmior ad^ersus fortuiia rempublicam cafessas ^^

*^ S'asseyant, se posant.

^ « Non pour la pompe et Tapparence , non pour

couvrir

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;'. Ei*.à^iiîeêy*le choix des sciences y est nécessaire. •; . ' "Celles que je recommande sur toutes, et qui servent à la fin que je viens de dire , sont les naturelles et morales, qui enseignent à vivre et bien vivre, la' nature et la vertu , ce que nous sommes et ce que nous debvonsestre. Soubs les morales sont comprinses les politiques, œconomiques , les histoires. Toutes les autres sont vaines et en l'air, et ne s'y faut arrester qu'en passant ^^.

Cette fin et but de l'instruction de la jeunesse et comparaison de la science et sagesse , m'a tenu fort long temps, à cause de îa contestation. Poursuyvons^ les autres parties et advis de cette instruction. Les moyens d'instructions sontdîvers.Premierement deux; l'un par parole, c'est à dire, préceptes, instructions et leçons verbales ; ou bien par conférences avec les

d'un beau nom l'oisiveté de votre vie , mais pour que d^une âme plus affermie contre tous les dangers, vous osiez vous charger des affaires de la république. » Tacite,, Historlar.j Lîb. IV, tag. v. — Voici le passage de Tacite ; il a été un peu défiguré par Charron : Hehidius Priscus..,, ingenium illustre alUoribus sfudilsjuifenis admodum dédit; non , ut plerique, ut nomine magnijico segne otlum velaret^ sed quofirmîor adçersus fortuita rempublicam capesseret; dociores sapientiœ secutus est, qui sola bona quœ honesta, mala tantum quœ turpifl ; pcH tentiam, nobîlitatem , cœteraque extra animum, neque bonis neque malis adnumerant.

^9 C'est k peu près l'avis de Platon. Voyez ép. x.

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