‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 77 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XVI

voirs ont esté rendus par les gens de bien , et enjolnct de leur rendre par les prophètes et docteurs de ces temps, jouxte Toracle du grand docteur de vérité '*, qui porte d'obeyr à ceux qui sont assis en la chaire , nonobstant qu^ils imposent fardeaux insupportables , et qu'ils gouvernent mal.

La troisiesme concerne tout Testât, quand il le veut changer , ruyner, le voulant rendre d'électif héréditaire, ou bien, d'aristocratique ou de démocratique le faire monarchique ou autrement. En ce cas il luy faut résister, et l'empescher par voye de justice ou autrement ; car il n'est pas maistre de Testât, mais , seulement gardien et dépositaire. Mais cet affaire n'appartient pas à tous, ains aux tuteurs de Testât, ou qui y ont interest, comme aux électeurs es estats électifs , aux princes parens es estats héréditaires, aux estats généraux es estats qui ont loix fondamentales : et c'est le seul cas auquel il est loysible de résister au tyran. Et tout cecy est dict des subjects, auxquels n'est jamais permis d'attenter contre le prince souverain pour quelque cause que ce soit, et est coupable de mort celuy qui attente, qui donne conseil, qui le veut et le pense seulement, disent les loix '^. « Bien est-il permis à Testranger, voire c'est chose très belle

** S. Paul. Voyez son Épitre aux Romains.

'9 L. Cogiiaiionis , §. de Pœnis. — L. Sî quis non dicam , C. de sacrosa : Eccles.

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et magnifique à un prince de prendre les armes pour venger tout un peuple injustement opprimé , et le deslivrer de. la tyrannie, comme fit Hercules, et depuis Dion ^°, Timoleon *\ et Tamerlan prince des Tartares, qui desfit Bàjazet Turc assie'geant Gonstantinople ^^ ».

Ce sont les debvoirs des subjects envers leurs souverains vivans ; mais « c'est acte de justice après leur mort d'examiner leur vie. C'est une usance juste , très utile, qui apporte de grandes commodités aux nations où elle s'observe, et qui est désirable à tous bons princes qui ont à se plaindre de ce qu'on traicte la mémoire des meschans comme la leur. Les souverains sont compagnons , sinon maistres des loix \ ce que la justice n'a pu sur leurs testes, c'est raison qu'elle l'ait sur leur réputation et sur les biens de leurs successeurs. Nous debvons la subjection et obeyssance également à tous rois, car elle regarde leur office; mais l'estimation et affection, nous ne la debvons qu'à leur vertu. Souffrons-les patiemment tels et indignes qu'ils sont; selon leurs vices, car leur autho- I I I I ■ ■

*® Il délivra la Sicile de la tyrannie deDenys. Voyez sa Vie par Plutarque.

'< Selon Diodore de Sicile, il tua son frère Timophane qui s^étaît assujetti Corînthe ; mais , suivant Plutarque , il le fit tuer devant lui. Voyez Plutarque , Vie de Timoleon,

'' Charron , à la fin de ce paragraphe , copie Bodin. Voyez sa République* L. II , c. Y.

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