CHAPITRE VIII
Oberr et observer les loix, coustwnes et cérémonies du pays , comment et en quel sens.
Sommaire. — L'autorité donne le& moyens de contenir le peuple. Elle est l'image de Dieu; elle se soutient par la
crainte et radmîration.— Ce qui ressemble le plus à Fau-* torîté , c'est la coutume : elle établît insensiblement sa pbis* sance , et fonde ses droits sur la possession et Tusage. — La coutume et la loi s'établissent tout différemment. La première agît sans violence ; Fautre se montre avec autorité et force. — Exemples nombreux de coutumes bizarres et de lois extravagantes. Et pourtant, il ne faut pas toujours se bâter de les blâmer : il en est que nous approuverions .si nous en connaissions mieux Forigine et les motifs. Elles ne nous semblent étranges que parce qu'elles nous sont étrangères. — La coutume n'est pas seulement une seconde nature; elle combat quelquefois la nature et en triompbe. Que d'usages contrarient le bon sens! — Le sage doit se conformer aux coutumes avouées, tout en les méprisant; de même il doit obéir aux lois, même â celles qu'il reconnaît défectueuses. Toute innovation a des dangers. Il est plus difficile qu'on ne pense d'imagîner des lois, et des usages plus avantageux que ceux qui existent déjà. — » A ces deux puissances , la loi et la coutume , il faut en ajouter une troisième , la cérémonie. Elle est souvent rude et tjrannique : elle veut que les affaires , la liberté , le plaisir même cèdent à ses caprices. Le sage ne la choquera point avec orgueil ; mais il ne doit pas s'y assujettir en esclave.
Exemples : Darius ; les Grecs ; les Indiens ; les Patriarches ;
les filles de Loth ; Platon.
1 OUT ainsi que la beste sauvage et farouche ne se veust laisser prendre , conduire et manier à rhomme ; mais ou s'enfuit et se cache de luy, ou s'irrite et s'esleve contre luy , s'il en veut approcher; tellement qu'il