LIVRE II, CHAPITRE VIII. igS
faut user de force mesle'e, avec ruse et artifice, pour l'avoir et en vt nîr à bout : ainsi en fait la folie re vesche à la raison, et sauvage à la sagesse, contre la-^ quelle elle s'irrite et s'aflolit cladvantage ; dont il la faut avoir et mener comme une beste farouche (ce que l'homme est à la beste , Thomme sage est au fol ) , festonner, luy faire peur , et Tarrester tout court ; pour puis à Tayse l'instruire et le gaîgner. Or le moyen propre à ce est une grande authorité , une puissance et gravité esclatante, qui fesblouyt de sa splendeur et de stm esclair , sola auctoritas est quae cogit stiUtos ut ad sapientiamfestinent '. En une nieslée et sédition populaire , s'il survient et se présente quelque grand , ancien , sage et vertueux personnage , qui aye gaigné la réputation publique d'honneur et de vertu , lors ce peuple mutin frappé' et esblouy de la splendeur et de l' esclair de cette authorité , se tient coy , et attend ce qu'il veust dire :
Veluti magno in populo cùm ssepè coorta Seditio est , ssevitque aniinis ignobile vulgus. Jamque faces et saxa volant, furor arma minîstrat : Tura pîetate gravem ac meritis, si forte virum quem Gonspexere , silent , arrectisque auribus adstant ; Ille régit dictis animos, et pectora mulcet ^.
' <c C^est par Tautorîté seule que Ton maiotient les fous , qu'on les force de se diriger vers la ^gesse ». St.-August.
^ Ainsi, qvand, si^^nalant sa turbulente audace, Se dëchaîne une ardente et vile populace , La rage arme leurs bras ; déjà volent dans l'air Les pierres, les tisons, et la flamme et le fer.