‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 147 sur 245 · LIVRE II, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XI

consulte, VibiusVirîus'°% Jubellius en la prînse de Câpoue'®' : ceux qui pour satiété ou ennuy de vivre , et ne suffit qu^elle soit grande et juste, mais qu^elIe soit nécessaire et irrémédiable , et que tout soit essayé jusques à l'extrémité. Parquoy la précipitation et le desespoir anticipé est icy très vicieux , comme en Brutus et Cassius, qui se tuant avant le temps et Toccasion , perdirent les reliques de la liberté romaine , de laquelle ils estoient protecteurs. Il faut , disoit Cleomenes '°*, mesnager sa vie , et la faire valoir jusqu^à l'extrémité : car s'en défaire l'on le peust tousjours , c'est un remède que l'on a tousjours en main : mais les choses se peuvent changer en mieux. Josephe et tant d'autres ont très utilement practiqué ce conseil ; les choses qui semblent du tout desespérées prennent quelquefois un train tout autre ; aliçuis camifid suo superstes fuit '°^.

Multa dies variusque labor mutabilis sévi Reltultt in melius . . . '^.

Il faut comme pour sa deffense envers un autre as-

««» Tît.-Lîv. L. XXVI , cap. XIII et seq.

«o» Id. ibid. cap. xv.

«o» Platarque , Vie d^Àgis et Cléomènes,

*o^ « Il en est qui ont sivrvécu à leurs bourreaux » . Sénèque,

epbt. XIII.

«o4 (c Combien d'aflaîres qui paraissaient désespérées , la main inconstante du tems , la fortune n'a-t-elle pas rétablies , améliorées ? ». Virgîl. /Eneid, L. Xï , v. /t^S.

saillant, aussi en son endroict, se porter cmn modéramine inculpatœ tutelœ ^^^ ^ essayer tout, avant venir k cette extrémité.

Secondement et sans doubte quHl est beaucoup meilleur et plus louable de souffrir et garder une constance ferme jusques à la fin, que céder et s^enfuyr par foiblesse et couardise : mais pource qu^il n^est pas donné à tous non plus que la continence, non omnes capiunt verbwn istud , — unde melius mAen quàtn un '*^^ : la question est si advenant un mal insupportable et irrémédiable, qui soit pour bouleverser et atterrer toute nostre resolution, et pousser nostre esprit en quelque meschant party de desespoir, despit, et murmure contre le souverain, s^il serait pas plus expédient , ou moins mal de s^en deslivrer courageusement, ayant encores son sens entier et rassis, qu^en voulant demeurer par craijite de méprendre, s'exposer au danger de succomber et se perdre : estce pas moins mal de quitter la place , que s^y opiniastrer et périr, s'enfuyr qu^estre prins? il le semble bien par toute raison humaine et philosophique practiquer, comme a esté dict, par tant de gens signalés, de tout air et climat, qu'il semble estre une opinion

io5 (( Avec la prudence d'un irréprochable gardien ».

106 ^ Tous n'entendent pas ces paroles : — il vaut mieux se marier que brûler w. St.-Matliieu , ch. XIX, v. n. — Ad, Corinih, cap. vu. v. 9.

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