‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 181 sur 245 · LIVRE III, CHAPITRE II. 33i · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II. 33i

ésl-il de sa nature sacré et inaliénable '*'. Les conquestes faites sur les ennemis, qu'il'faut approfiter et non prodiguer ny dissiper, comme le practiquoient bien les anciens Romains '^^, rapportans à Tespargne d,e très grandes sommes et thresors des villes et pays vaincus, comme Tite-Live "^ raconte de Camillus, Flaminius, Paul ^mile, des Scipions, LucuUe, César ; et puis tirant des pays conquestés , soyt des naturels y laissés, ou des colonies y envoyées, certain revenu annuel *^^. Les presens^ dons gratuits, pensions, octrois, tributs des amis alliés et subjects, par testamens, donations entre vifs, ou autrement; les entrées, sorties et passages de marchandises aux havres, ports et portes, tant sur les estrangers que sur les subjects, moyen ancien, gênerai , juste et légitime, et très utile avec ces conditions '*^ : ne permettre la traitte *'^^ des choses nécessaires à la vie, que les subjects n'en soyenlpourveus, ny des matières crues, affin que le subject les mette en œuvre , et gaigne le

"" Voyez Bodîn , de la Rép. L. VI , chap. ii.

'" Voyez là-dessus Groù'us , L. III , chap. vi , et les auteurs qu'il cite.

"3 L. XXXIV, cap. m.

"4 Jd. ibid. L. XLV , cap. xl.

*^^ Dans tout ceci , Charron suit Bodîn , et quelquefois ^ jusqu'à la fin du paragraphe , le copie texluellement. Voy. de la Rép. L. VI , chap. ii.

*"^ L'exportation.

profit de la maîn ; mais bien permettre la traitte ***' des ouvrées : et au contraire permettre Tapport **** des crues et non des ouvrées : et en toutes choses chsffger beaucoup plus Testranger que le subject : car Pimposition foraine *'*' grande accroist W finances et soulage le subject : modérer toutesfois les imposts sur les choses nécessaires à la vie que Ton apporte *^'*. Ces quatre moyens sont non seulement permis, mais justes, légitimes, ethonnestes. Le cinquiesme , qui n^est gueres bonneste , est le traffic que le souverain faict par ses facteurs ; et s^exerce en diverses manières plus ou moins laides, mais le plus vilain et pernicieux est des bonnem*s, estats, offices, bénéfices *^'. Il y a bien un moyen qui approche du traffic; et pour ce peust-il estre mis en ce rang, qui n^est pas fort deshonneste , et a esté practiqué par de très grands et sages princes '^^ , qui est de mettre les deniers de Pespargne et de reserve a quelque petit proffit, comme à cinq pour cent, et les bien asseurer soubs bons gages, ou caution suffisante et solvable.

*^*'7 L'exportation des matières ouvrées ou travaillées.

•ia8 L'importation.

'^''d Une grande imposition sur le commerce étranger.

•3<> Bodin , L. VI , cbap. ii .

■^' Ceci est pris dans Bodin , de la Rép. , loco cùat,

»'* Tels qu'Antonin-le~ Pieux, Alexandre Sévère, etc. Voyez Spartien, in ArUonino Pio, et Lampride , in Alexandro Severo,

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