‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 180 sur 245 · LIVRE 111, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 111, CHAPITRE

et flatteurs; car misérable est le prince chez qui Ton cache ou l'on desguise la vérité, cujus aures itafortnatae sunt, ut aspera quae utiïia, et nil nisi jucundwjfi et laesurutn accipiant " ^ ; et enfin celer son advîs et sa resolution, estant 'le secret Pâme du conseil, nuïla me- Uora consilia, ^uam^uae ignoraveritadversarius, antequam farent''\

Quant aux officiers, qui viennent après, et qui servent le prince et Testât en quelque charge, il les faut choisir gens de bien , de bonne et honneste famille. Il est à croire qu'ils n'en seront que meilleurs : et n'est beau que des gens de peu s'approchent du prince, et commandent aux autres, sauf qu'une grande et insigne vertu les relevé , et supplée le défaut de noblesse : mais non gens infâmes , doubles , dangereux, et de quelque odieuse condition. Aussi doibvent-ils estre gens d'entendement, et employés selon leur naturel ; car les uns sont propres aux affaires de la guerre, les autres aux affaires de la paix. Aucuns sont d'advis de les choisir d'une douce et médiocre vertu ; car ces outrés et invincibles , qui se tiennent

"7 <f Dont les oreilles sont faîtes de telle sorte , qu'elles trouvent désagréable ce qui est utile, et qu'elles ne veulent entendre que ce qui les flatte ». Tacît. Histor, L. 111^ cap. LV , in fine,

>t8 ,, ]| n'y 2l point de meilleurs conseils que ceux que l'adversaire ignore ayant leur exécution ». Yeget. L. 111.

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tousjours sur la poincte, et ue veulent rien quitter *"^, ne sont communément propres aux affaires , ut pares negoiiis, neque supra : — sint recdnon erecti '*^

Après le conseil nous mettrons les finances, grand et puissant moyen ; ce sont les nerfs , les pieds , les mains de Testât. Il n'y a glaive si tranchant et pénétrant que celuy d'argent, ny maistre si impérieux, ny orateur si gaignant les cueurs et volontés, ny conquérant, tant preneur de places, comme les richesses. Parquoy le sage prince doibt pourvoir que les finances ne faillent ny ne tarissent jamais. Cette science consiste en trois poincts, fonder les finances, les bien employer , et avoir tousjours en reserve et espargne une bonne partie pour le besoin. £n tons les trois le prince doibt esviter deux choses ; l'injustice et la sordidité, en conservant le droict envers tous, et l'honneur poiir soy.

Pour le premier, qui est faire fonds et accroistre les finances, il y a plusieurs moyens, et les sources sont diverses , qui ne sont pas toutes perpétuelles , ny esgalement asseurées, sçavoir le domaine et revenu public de Testât, qu'il faut mesnager et faire valoir, sans jamais l'aliéner en aucune façon , comme aussi

*"9 Céder,

>'o <c Qu^Ils soient au niveau et non au-dessus des aHiadres ; — égaux et non plus élevés » . Tacit. AnnaL L. Y I , cap. xxxvi , in fine; — Just-Lips. PoliUc. L. III , cap. x.

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