CONTENANT LES INSTRUCTIONS ET REIGLES GENERALES
PRÉFACE
Auquel jr a peincture générale de sagesse, et le sommaire
du livre.
Sommaire. — Après avoir indiqué dans le premier livre , les moyens de se connaître , Fauteur recherchera dans le second y quelles sont les règles générales de la Sagesse ; et dans le troisième , quelles en sont les règles particulières. — Il est étrange que la plupart des hommes se soucient peu de savoir bien vivre. — Le second livre est divisé en quatre parties : la première , traite de la préparation à la sagesse ; la seconde , de ses fondemens ; la troisième , des six fonctions de la sagesse ; la quatrième , de ses effets et de ses fruits. Ce sont en tout douze règles et leçons de sagesse en autant de chapitres.
Exemples : Démocrite et Heraclite.
Ay AN'F, au livre précèdent, ouvert à rhomme plusieurs et divers moyens de se cognoistre , et toute
rhumaine condition, qui est la première partie et un très grand acheminement à la sagesse , il faut maintenant entrer en la doctrine d^icelle , et entendre en ce second livre ses reigles et ses advis généraux , reservant les particuliers au livre suivant et troisiesme. Cestoit un préalable que d^appeller Tbomme à soy, àjse taster, sonder, estudier, afin de se co^oistre et sentir ses defFauts et sa misérable condition, et ainsi se rendre capable des remèdes salutaires et neces^ saires , qui sont les advis et enseignemens de sagesse. Mais c^est chose estrange que le monde soit si peu soucieux de son bien et amendement. Quel naturel que de ne se soucier que sa besongne soit bien faicte ? On veust tant vivre, mais Ton ne se soucie de sçavoir bien vivre. Ce que Ton doibt le plus et unique-^ ment sçavoir , c*est ce que moins l'on sçaît et se soucie sçavoin Les inclinations, desseins, estudes, essais, sont (comme nous voyons) dès la jeunesse si divers, selon les divers naturels, compagnies, instructions, oceasions : mais aucun ne jette ses yeux de ce costé-là, aucun n^estudic/à se rendre sage; personne ne prend cela à cueur, Ton n'y pense pas seulement. Et si par fois, c'est en passant, l'on entend cela comme une nouvelle qui se dict où l'on n'a point d'interest : le mot plaist bien à aucuns, mais c'est tout; la chose n'est de mise ny de recette en ce siècle d'une si universelle corruption et contagion. Pour appçrcevoir le mérite qK 1 ^ valeur de sagesse , il en faut avoir j^ quelque