LIVRE II, CHAPITRE III
remède qui nettoyé et guarit, c'est une sérieuse et honteuse confession de ses fautes ;^ Fautre (aux, qui ne (ait que desguiser et couvrir, est excuse, remède inventé par Fauteur du mal mesme , dont dit le proverbe, que la malice s'est elle-mesme fait et cousu une robe ; c'est l'excuse, la robe faite de feuilles de figuier des premiers fautiers*^^, qui se couvrirent et de parole et de fait , mais c'estoit d'un sac mouillé. Nous devrions donc apprendre à nous accuser, dire et confesser hardiment toutes nos actions et pensées ; car outre que ce serait une belle et généreuse franchise , ce seroit un moyen de ne rien faire ny penser qui ne fust honneste et publiable. ^^ Car qui s'obligeroit à tout dire , s'obligeroit aussi à ne rien faire de ce qu'on est contraint de cacher. Mais au rebours chascun est secret et discret en la confession , et l'on ne l'est en l'action ; la hardiesse de faillir est aucunement compensée et bridée , par la hardiesse de confesser ; s'il est laid de faire quelque chose , il est encores autant on plus laid de ne l'oser advouer. Plusieurs grands et saincts, comme sainct Augustin, Origene, Hippocrates, ont publié les erreurs de leurs opinions ; il faut aussi le faire de ses mœurs. Pour les vouloir cacher.
"^^9 Des premiers pécheurs.
^ Depuis cette phrase jasqu^à la fin du chapitre, Charron copie, presque mot à mot, Montaigne. Voyez les Essais, L. yil, c. V.
lio DE LA SAGESSE,
Ton tombe souvent en plus grand mal, comme celu]f qui nia solennellement avoir paillarde, pensant sauver le plus par le moins, car au rebours il enchérit son marché, si ce ne fut en pis (car peut estre mentir publiquement est pire que simplement paillarder) au moins ce fut en multiplication ; ce ne fut pas élection de vice, mais addition.
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