‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 68 sur 245 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

ment, aussi aulhentiquement et reveremment elle soit receuë et jurée : si elle estoit du gonst humain et naturel sans estrangeté , elle seroit bien plus facilement, mais moins reveremment prinse.

Or es tans les religions et créances telles que dict est , estranges aux sens communs , surpassantes de bien loin toute la portée et intelligence humaine, elles ne doîbvent , ny ne peuvent estre prinses ny loger chez nous , par moyens naturels et humains (autrement tant de grandes âmes, rares et excellentes qu'il y a eu, y fussent arrivées) ; mais il faut qu'elles soient apportées et baillées par révélation extraordinaire et céleste, prinses et receuës par inspiration divine, et comme venant du ciel. Âinsy aussi disent tous qu'ils la tiennent et la croyent, et tous usent de ce jargon , que non des hommes , ny d'aucune créature, ains de Dieu.

* Mais à dire vray , san^ rien flatter ny desguiser,

de redît, de i683. ( Cette lettre n^est point dans la troîsîème édition ). — N.

' * Fartante, Mais a dire vray sans rien flatter ny desguiser, il n'en est rien ; elles sont , quoy qu^on en die , tenues par mains et moyens humains , tesmoîn premièrement la manière que les religions ont esté reçeuës au monde , et sont encores tous les jours par les particuliers ; la nation , le pays , le lieu , donne la religion ; Ton est de celle que le lieu , auquel Ton est né et eslevé tient : nous sommes circoncis, baptisés , Juifs, ftlahumetans , Chrestiens , avant que nous sçachions que nous

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