‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 74 sur 245 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

retirent l'ame au dedans , et Teslevent par pure contemplation , à admirer et adorer la grandeur et majesté immense de la première cause de toutes choses , et Festre des estres, sans grande déclaration ou détermination d'icelle , ou prescription de son service ; ains la recognoissent indéfiniment estre la bonté , perfection et infinité du tout incompréhensible et incognoissable , comme enseignent les Pythagoriens et plus insignes philosophes *. C'est s'approcher de la religion des anges , et bien pratiquer le mot du fils de Dieu^^ , adorer en esprit et vérité, et que Dieu demande tels adorateurs comme les meilleurs. En l'autre bout et extrémité sont ceux qui veulent avoir une Deité visible et perceptible par les sens , lequel erreur vilain et grossier a trompé presque tout le monde , et Israël au désert se faisant un veau^^ : et

* Variante, De tous ceux qui n^ont voulu se contenter de la créance spirituelle et interne , et de Taction de Tame , mais encores ont voulu voir et avoir une divinité visible et aucunement perceptible par les sens du corps , ceux qui ont choisi le soleil pour Dieu , semblent avoir plus de raison que tous autres , à cause de sa grandeur , beauté , vertu esclatante et incognue , et certes digne , voire qui force tout le monde en admiration et révérence de soy : Foeil ne voit rien de pareil en l'univers, ny d'approchant.

^ Voy. Evangile de St. Jean , chap. iv , v. 24* ^^ Voy. ce que Bayle dit de cette action des Israélites , dans sa Critique générale de Thlstoire du Calvinisme , L. XXVI II. Le passage est curieux. — N^

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de ceux-là , ceux qnî ont choisi le soleil pour Dîeu semblent avoir plus de raison que tous autres, à cause de sa grandeur, beauté, vertu esclattante et incognuc, et certes digne, voire qui force tout le inonde en admiration et révérence de soy : l'œil ne voit rien de pareil en l'univers, ny d'approchant, il est un, seul et sans compagnon^*. La Chrestîenté comme au milieu a bien le tout tempéré, le sensible et externe avec rinsensible et interne, servant Dieu d'esprit et de corps , et s'accommodant aux grands et aux petits , dont est mieux establie et plus durable. Mais en icelle mesme, comme il y a diversité et des degrés drames, de suffisance et capacité de grâce divine, aussi y a-t-îl de manières de servir Dieu. Les plus relevés et parfaits tirent plus à la première manière plus spirituelle

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