‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 85 sur 245 · LIVRE II, CHAPITRE V. iSj · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V. iSj

mon sage une vraye preud'hommîe et une vraye pieté jointes et mariées ensemble , et toutes deux complettes et couronnées de la grâce de Dieu , laquelle il ne refuse à aucun qui la demande , Deus dai spiritum bo-

alBa que l^on te paye , et l'on t^en dise grand mercj : je veux que tu le sois , quand Ton n'en debvroît jamais rien sçavoir : je veux que tu sois homme de bien , pource que nature et la raison (c'est Dieu) le veust : l'ordre et la police générale du monde, dont tu es une pièce , le requiert ainsi , pource que tu ne peux consentir estre autre , que tu n^ailles contre toymesme , ton estre , ton bien , ta fin ; et puis en advienne ce qu'il pourra. Je veux aussi la pieté et la religion , non qui fasse , cause ou engendre la preud'hopnmie ja née en toy , et avec toy, plantée de nature , mais qui l'approuve, Tauthorise et la couronne. La religion est postérieure à la preud'hommie ; c'est aussi chose apprinse», receue par l'ouye ^fides ex auclitu et per verbum Dei , par révélation et instruction , et ainsi ne la penst pas causer. Ce seroit plustost la preud'hommie qui debvroit causer et engendrer la religion ; car elle est première , plus ancienne çt naturelle : laquelle nous enseigne qu'il (aut rendre à un chascun ce qui lui appartient , gardant à chaficun son rang. Or Dieu est par dessus tous , l'autheur et le maistre universel : et les théologiens mettent la religion entre les parties de justice , vertu et pièce de preud^hommie. Ceux-là donc pervertissent tout ordre , qui font suyvre et servir la probité à la religion.

Gè morceau, Tun des plus fortement pensés, et des mieux écrits de tont Touvrage , a été retranché dans les éditions de i6o4) ^^ années suivantes y faites à Paris et à Rouen , sous les yeux de la Sorbonne et ^u Parlement.

i58 DE LA SAGESSE,

num omnibus petentibus ewn "^^ , comme a esté dict au préface, art. 14.

7^ « Dîeu donne le bon esprit à tous ceux qui le lui demandent ». St. Luc, Evang. chap. xi, v. i3.

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